Marcel Broodthaers

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Pendant l’été 2010, les visiteurs ont pu découvrir à Bruxelles les œuvres de Marcel Broodthaers acquises par les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique : un petit ensemble substantiel qui présente toutes les facettes de œuvre protéiforme, complexe, d’une figure essentielle de l’art contemporain en Belgique, et ailleurs.

 

Poète, proche du groupe surréaliste, c’est au début des années soixante, alors que l’art conceptuel éclot et que Duchamp est de retour, que Broodthaers écrit sa fameuse phrase : « Moi aussi, je me suis demandé si je ne pouvais pas vendre quelque chose et réussir dans la vie » !  Aujourd’hui, Marcel Broodthaers possède son piédestal dans la pléiade des arts contemporains, après des années de galère. Disparu bien trop tôt, à cinquante-deux ans, sa réussite est surtout posthume.

 

broodthaersDans la lignée de Magritte, Broodthaers détourne mots et images et ses œuvres bivouaquent entre sculpture et peinture pour questionner la saveur des objets à l’ironie percutante. Il stigmatise l’alliance de l’art et de l’argent, décrypte les codes du musée. Il annonce que « La souris écrit rat » et le fémur tricolore aux couleurs de la Belgique affirme une étrange identité. Les marques de voitures immatriculent les animaux de la ferme, l’œil fleurit dans le pot de confiture et le Musée d’Art Moderne annexe le département des Aigles. Broodthaers répand le charbon dans l’armoire, sacralise des hordes de moules à la mélancolie brabançonne et brandit le drapeau noir, son étendard favori.

Films, objets, installations, écrits, Broodthaers a élaboré une œuvre d’une inventivité rare, questionneuse, ancrée dans un pays spécifique mais entourée d’une ferveur internationale. Né dans l’effervescence des années soixante, l’art de Broodthaers n’a pas pris une ride et conserve toujours son étonnante charge poétique et critique.


par Jo Dustin


Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, département Art moderne, 3 rue de la Régence, 1000 Bruxelles. www.fine-arts-museum.be