FESTIVAL DE MOUANS SARTOUX - ‘ CARRÉ D’AS ‘

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Imaginez un livre dont la dernière page n’existerait pas, un peu comme un poème que l’on ne souhaite pas voir se terminer. Ce livre vous le trouvez ici à Mouans Sartoux où tous les genres sont représentés. Un thème est le fil conducteur de ce festival. Cette année : « états d’urgence » et dans tous les sens du terme était proposé aux auteurs, aux artistes nombreux cette année pour illustrer les débats des cafés littéraires.

On découvre ainsi de jeunes auteurs comme Romain Monnery qui nous fait une éloge de la paresse avec son premier roman : « Libre, seul et assoupi. » tout un programme sur l’éternelle adolescence de certains adultes. Il y a encore Martine Pilate qui se veut provocatrice avec sa : « passion selon cinq matous » OU Pascal Marmet et son roman très local puisque tournant autour de la parfumerie : « Si tu savais. ». Puis il y a les habitués, ceux qui chaque année posent leur machine à écrire et viennent à Mouans Sartoux en voisin tel Jean Siccardi qui descend de son village de saint Cézaire, pour nous présenter leur dernier enfant : « Un roman, c’est comme un enfant. » nous disait l’an dernier un autre auteur du terroir.

On a parlé des artistes et cette année ils étaient très présents dans les allées du festival. On croisa ainsi Bruno Mendonca parmi tant d’autres. Nous nous arrêterons à un carré prestigieux avec Jean Mas, Fred Forest, Patrick Moya et Ben. Chacun venait présenter ses œuvres. Jean Mas ne put s’empêcher de faire des performances dont une où il s’engageait à ne plus travailler, distribuant des bons de soutient. Patrick Moya célèbre avec ses îles virtuelles et son petit personnage, nous livrait ici son abécédaire du sexe, jamais vulgaire, mais comique et surtout sarcastique, même s’il est difficile de le lire en public ! Jean Mas nous dévoilait sa recette de la tarte aux pommes, véritable petit bijou à la Prévert. On arrive alors au plus beau ou du moins au débat manqué entre deux grands artistes. Ben refusa, prétextant son accident au pied du dimanche matin, un débat avec Fred Forest. Ce dernier se vengea avec son habituelle ironie de la défilade de Ben . Avec la complicité de Moya, tous deux animèrent la dernière rencontre, mais probablement la plus intéressante. Moya parlait de son abécédaire comme une thérapie contre Alzheimer, de ses îles virtuelles où le culte de son moi est constant : « place Moya, Rue Moya… » Fred Forest présentait son dernier ouvrage, 100 portraits : « Ce sont les portraits de 100 personnages rencontrés en 40 ans. Ces derniers sont sur un plan anecdotique Ben a refusé le débat avec moi, tant pis pour lui, je vais dire du mal de lui, les absents ont toujours tords. » Fred Forest nous fit alors un portrait au vitriol de Ben, parlant au passage de l’art vidéo dont il est un des pionniers. ( texte sur Ben).

Le festival comme toutes les bonnes choses, prenait fin trop tôt. On avait découvert des artistes à la forte personnalité et à l’ego surdimensionné comme Jean Mas quand il dit : « Je me représente moi-même et suis celui qui est ! » . Ce furent trois journées passionnantes et on a aura qu’un seul regret, ne pas avoir pu organiser une rencontre entre deux géants comme Fred Forest et Ben. Fred s’est vengé et son ouvrage s’il est critique avec Ben est aussi élogieux pour d’autres personnalité comme celui de Pelé qu’il rencontra en 1973 à Sâo Paulo.

par T Jan.