Photos et tableaux chez Depardieu !

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DobalLa galerie Depardieu expose jusqu’au 20 juin deux artistes brésiliens. Ce sont : une photographe et un peintre plasticien, au premier abord, on songera que ces deux expressions artistiques s’opposent. L’un créé et l’autre saisit. Le visiteur comprendra bien vite que Susana Dobal, la photographe et Luciano Figuereido, le peintre sont complémentaires l’un de l’autre.   Susana nous parle de son travail, de sa démarche qui l’a amenée à se servir de mots, de phrases qu’elle a enrubannés.

 

On songe alors au merveilleux film ‘L’éternité plus un jour’ où le héros part à la quête des mots. Ses photos sont des maximes, des poèmes, des versets qu’elle livre à notre réflexion. Elle nous explique la différence entre elle et la peinture : « Le peintre cherche un autre langage, Luciano travaille entre la peinture et la sculpture. Moi, avec la photo, je saisis une phrase, puis une autre, jusqu’à en faire un poème. J’en ai sélectionné quelques unes, montrant ainsi, un an de travail en France. » Susana a étudié la photo à l’ICP de New York, née au pied du pain de sucre, elle enseigne aujourd’hui à l’université de Brasilia. Elle offre à notre regard un diaporama où New York et Marseille nous sont montrés, voulant souligner un contraste, elle nous montre la chartreuse de Verne. Susana résout, d’une certaine façon, le problème de l’ubiquité en nous plongeant en trois endroits différents à la fois.

 

FiguereidoLe peintre Luciano Figuereido, avec ses lunettes épaisse a l’allure d’un professeur, d’un universitaire, intellectuel débattant avec ses étudiants d’un épineux problème existentialiste. Il commence par nous donner son explication de la peinture : « Il y a cinq éléments basiques en peinture : le plan, la couleur, le volume, la ligne et le temps. C’est ainsi que j’arrive à la suspension des couleurs. » En effet, il rompt les lois de la perspective et du trompe l’œil, il trompe les sens avec des 3 D réelles et palpables : « C’est pour cela qu’il y a des pliages, donnant à mon travail cette impression aérienne et éthérée. » Il continue son cours : « C’est l’art concret Européen qui dans les années 1950, est arrivé en Amérique Latine, permettant, notamment au Brésil l’essor de l’art moderne. L’art concret néanmoins souffrait d’une tare, il était trop objectif, trop orthodoxe. Nous lui avons donné une subjectivité, une âme, une personnalité et le public participait, c’était nouveau. » Luciano Figuereido fut l’élève et le disciple en 1960 de Adam Firnakaës, il deviendra son assistant. Bien connu dans son pays, il n’est pas inconnu en France, ayant déjà exposé à Gap en 2005 lors de l’année du Brésil. Ce sont des poésies photographiées, versets de pensées et d’idées que nous offre Susana. Des tableaux en relief, savants pliages qui inciteront à la réflexion que nous propose Luciano. Ces deux artistes Brésiliens méritent amplement votre visite à la galerie Depardieu. Exposition jusqu’au 20 juin.

par T. Jan