Merci Manu

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Un pur moment de bonheur. Que dire de plus du concert du Manu Katché Quartet dans le cadre de la tournée qui accompagne Third Round, le nouvel album du musicien et de ses talentueux acolytes.

 

 

manu katché

Merci Manu, parce que - pour cause de neige bloquant les aéroports sur le Nord de la France ce mercredi 8 décembre 2010 - effectuer un Paris-Toulouse en voiture …. pour y prendre un avion jusqu’à Marseille-Marignane et donner ensuite un concert à Miramas le soir même (en y étant arrivé dans le courant de l’après midi), c’était un sacré périple, une opération quasiment impossible quand on sait tout le travail d’installation et de mise au point que suscite un concert. Et pourtant, le Manu Katché Quartet l’a fait. Alors, merci aux musiciens et aux techniciens qui ont réalisé ce marathon et qui malgré la fatigue et le stress nous ont offert un concert magnifique au Théâtre de la Colonne dans le cadre du Jazz Club de Miramas.


vernerey« Pour nous musiciens c’est formidable quand vous le public êtes si généreux et présents, ça nous donne envie d’être bons ». Manu Katché de sa voix douce et rassurante aime parler, communiquer avec le public. On aimerait peut être l’entendre chanter (c’est possible du reste sur You Tube notamment dans une interprétation - apparemment dans les années 80 - d’un She Is qui ne passerait probablement pas aujourd’hui la barre de l’intransigeant Manu du Jury de M6 …. ) mais son toucher à la batterie, déjà si largement décrit depuis presque trois décennies, suffit déjà à nous séduire, même mieux : nous emporter dans son univers suave.

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QUARTET

 

origlio« Il y a sept nouveaux morceaux et des compositions des albums précédents, Playground et Neighbourhood dans ce concert. Je suis accompagné de Alfio Origlio au piano ». Le pianiste collabore depuis plus de vingt ans avec des artistes de renommée internationale, tout en menant une carrière de leader à la tête de différentes formations. Elégance, sobriété, sens du toucher et de la mélodie : le pianiste dont le dernier album « Ascendances » a été très remarqué, semblait littéralement voler au dessus des touches.

« Laurent Vernerey est à la basse électrique et le norvégien Peter Wettre au saxophone soprano et ténor. La formule a changé. Avant c'était un quintet, maintenant c'est un quartet. C'était très acoustique, avec piano, basse, trompette, sax et batterie. Là, ce sera basse électrique, c'est un changement radical. C'est proche de la production du nouvel album. Je sais qu’il doit y avoir des musiciens dans la salle. J’espère que ces modifications ne gêneront pas ceux qui avaient apprécié les albums précédents ». Toutefois, les compositions en suivent la trame explorée. « Je n'ai pas la prétention de dire que j'ai écrit en imaginant ce que les autres musiciens de l'album vont jouer, mais en les ayant en tête. Je sais où ils peuvent aller et je sais où ils n'iront pas. Une fois qu'on est en studio, ce sont leurs personnalités qui prédominent même s'ils jouent ma musique. Comme je les connais bien, je me permets d'aller un plus loin. Ils peuvent aller dans tous les coins possibles car ce sont des gens extrêmement talentueux » souligne Manu qui, au-delà des considérations techniques, souhaite une démocratisation et simplification de l’accès au jazz, comme le démontre peut être l’émission télé qu’il anime depuis janvier 2008 sur Arte, « One Shot Not », devenue hebdomadaire ou comme l’avait démontré également l’éphémère « Musicalities » sur France Inter malheureusement disparue de la grille.
« Je pense que le jazz s'est popularisé. Tout le monde a droit à l'accès au jazz. Je défends la musique pour le plaisir et l'interactivité avec le public aussi bien quand ils sont chez eux, dans la voiture à écouter un disque que sur scène. Beaucoup de groupes d'Europe de l'Est ont apporté des nouveautés au jazz, il y a une révolution dans le genre ». Un accès simplifié et médiatisé que le musicien entend faire dans le respect des artistes et pour lequel il a carte blanche. « J’ai tenu » sur Arte « à réduire le nombre d’artistes dans l’émission pour qu’ils aient le temps de s’exprimer en live. Le tout est de trouver une cohérence pour l’équilibre entre les différents genres musicaux proposés. A chaque fois, il y a un thème musical autour duquel je fais des propositions de variations éclectiques. Le concept de l'émission : une ambiance de club de musique où les artistes sont physiquement proches du public. Pas de promo, pas de blabla. On ne se demande jamais si on va plaire aux branchés ni même aux néophytes. Le seul critère de programmation, c’est mon goût. Un luxe incroyable ».

 

manu katché

SONORITE DE GROUPE

Avec « Third Round » sorti en mars 2010, le batteur français d’origine ivoirienne, s’est engagé avec une intensité encore plus prononcée dans l’exploration de cet univers si particulier qui lui est cher, mêlant thématique jazzy et groove. Third Round a été enregistré dans le Sud de la France, alors que les albums précédents avaient été enregistrés à New-York et Oslo. « Fondamentalement, cela ne change pas grand-chose. Quand on est en studio on est en vase clos, on travaille du matin au soir. Les albums de jazz s'enregistrent généralement en deux ou trois jours. La petite différence, c'est que j'avais vraiment envie qu'ils y participent. J'ai demandé d'avoir une sonorité de groupe, je voulais que tout le monde soit vraiment à l'aise avec ce qui se faisait, presque à la note près. Il fallait que le thème coule de source... Alors, on a travaillé d'une manière plus rock que jazz où l'on prend la meilleure prise quand il y a une belle improvisation, une belle ambiance. C'était ça le challenge, plus celui d'ECM qui est de respecter une trame musicale d'atmosphère. En trois jours, c'était assez intense », ce que reflète du reste le clip de présentation apparemment réalisé lors de cette séance d’enregistrement. Le concert de la tournée, rendant magnifiquement cette ambiance, était superbement servi ici dans le cadre du Théâtre de la Colonne dont l’ampleur et l’acoustique correspondent particulièrement bien à des concerts ou à la danse. Un pur bonheur que la sonorité du lieu, sa visibilité sur la scène - où que l’on se trouve dans la salle - sur la précision des baguettes de Manu Katché, le toucher de ses musiciens mais aussi sur la mise en lumière et les projections réalisées en live par les techniciens qui ajoutaient à l’adrénaline et à la douceur.

 

par Geneviève Chapdeville Philbert


Manu Katché Quartet en concert

Théâtre de la Colonne Miramas - Scènes et Cinés Ouest Provence

www.scenesetcines.fr

Athis Mons – Espace Jean Monnet Salle Ventura 14 janvier 2011

La Chapelle-sur-Erdre Espace Culturel Capellia 19 janvier

Nouveau album de MANU KATCHE sur DEEZER : lien


 


Petite fiche technique

 

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Manu Katché Une carrière étourdissante

Né à Saint Maur des Fossés dans le Val de Marne en octobre 1958, Emmanuel Katché, commence par étudier le piano puis fait des études supérieures de percussion. Au début des années 80, il est batteur de studio pour Louis Chedid, Michel Jonasz (avec qui il obtient en 1985 sa première Victoire de la Musique, prix du meilleur arrangement pour l’album « Unis vers L’uni ») ou encore Jean Jacques Goldman, Catherine Lara, Véronique Samson et bien d’autres. Capable de jouer dans tous les styles, Manu Katché est alors appelé par Peter Gabriel pour participer à l’album So en 1986. La tournée qui suit permet à Manu d’être apprécié par les artistes et les publics du monde entier. Faut il ici rappeler la liste étourdissante de toutes les collaborations qui ont jalonné la carrière du musicien dont, entre autres : Joni Mitchell, Jeff Beck Manu Dibango, Al Di Meola, Gipsy Kings, Dire Straits, Paul Young, Sting, Simple Minds, Tracy Chapman, Richard Wright, Tears for fears. D’autres récompenses viennent couronner l’artiste dès la fin des eighties (Meilleur musicien de studio aux Victoires de la musique 1987 et « Best coming up drummer of the year » par le magazine Modern Drummer)

Le secret du succès de Manu Katché ? Son incroyable capacité à s’adapter à différents styles, à être à l’aise en studio comme une scène et, surtout, son énorme feeling qui lui permet d’apporter une touche personnelle au ryhtme le plus banal. Manu Katché bonifie les chansons et les albums auquels il participe. Manu Katché forme alors un redoutable duo rythmique avec le bassiste Pino Palladino.

Du jazz à la télé

Dès 1992 et It's About Time, il commence une carrière solo où il revient à son amour du jazz. Manu Katché participe également à plusieurs albums avant-gardiste sur le label ECM, avec en particulier le saxophoniste Jan Garbarek. Leur première collaboration prend en 1989 la forme d’un trio avec le violoniste indien L. Shankar au théâtre de La Cigale. Depuis, Manu Katché apparait régulièrement dans le groupe du saxophoniste norvégien. En 1994, il compose et interprète la bande original du film « Un indien dans la ville » avec Tonton David et Geoffrey Oryema qui lui vaut en 1996 une nouvelle Victoire de la Musique

Loin d'être épuisé par ses aventures musicales, Manu Katché est également un homme de télévision. Il participe au jury de La Nouvelle Star de 2003 à 2007 sur M6. En janvier 2008, le musicien change de registre cathodique avec One Shot Not sur Arte. L'émission devenue hebdomadaire à la rentrée 2010 n'entrave nullement l'activité du musicien et compositeur qui publie également cette année l'album Third Round - troisième album pour ECM – objet de la tournée actuelle où se rencontrent les quatre albums : It’s about Time (1992) Neighbourhood (2006) Playground (2007) et Third Roud (2010) dont le Keep on trippin’ fait déjà partie des bests de l’année jazz.


Discographie ECM

It’s about Time (1992)

Neighbourhood (2006)

Playground (2007) et

Third Round (2010)

 


origlioAlfio Origlio Le pianiste collabore depuis plus de vingt ans avec des artistes de renommée internationale, tout en menant une carrière de leader, à la tête de différentes formations. Michel Jonasz, Salif Keita, Henri Salvador, Los Chicos Faciles, André Ceccarelli, Bob Mintzer, Paul Anka, Keziah Jones, Bernard Lavilliers, Michel Colombier, Paris Jazz Bigband, Aldo Romano, Stefano Di Battista, Dominique Di Piazza, Didier Lockwood , Stephan Eicher, Daniel Mille, Richard Galliano, Steeve Hougton, Hernie Watts, Thomy & co, Michel Legrand, Amy Keys, Adam Cohen, Sanseverino font partie de ses collaborations, et bien sûr Manu Katché. Une discographie également en tant que soliste : ALFIO ORIGLIO4te .RICCORDO - LIVE FIVE -PASSEGGIATA - TRIBUTE TO HEADHUNTERS.