Alex Katz - An American Way of Seeing

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En collaboration avec le Sara Hildén Art Muséum de Tampere (Finlande) et le Muséum Kurhaus de Clèves (Allemagne), le Musée de Grenoble organise une exposition de près de cinquante peintures d’ Alex Katz. Evènement d’autant plus remarquable qu’il s’agit là de la première rétrospective consacrée à cet artiste en France. Par ailleurs et dans le même temps, le Musée de Grenoble présente le travail de deux jeunes peintres français, Gregory Forstner et Duncan Wylie.

 

Alex Katz
Né à New-York en 1927, Alex Katz, bien que méconnu du public français, n’en est pas moins un artiste majeur de la peinture contemporaine américaine. Après avoir fait des études d’art dans le Maine, il commence à exposer à New-York dans le milieu des années 50.


D’emblée sa peinture apparaît telle un contrepoint à l’expressionnisme abstrait, alors triomphant et célébré à grand renfort médiatique par Clément Greenberg et l’ensemble de la critique américaine. Opposant à la suprématie de ce mouvement tumultueux un art décliné dans des registres qui lui sont contraires, il précède de quelques années dans cette démarche les tenants du Pop Art. Au lyrisme et à l’emphase, à l’exacerbation de la touche, aux questionnements métaphysiques, il répond par des œuvres d’un réalisme tranquille qu’une facture sobre et sans trace semble nimber de silence. Mais la simplicité de ses compositions n’est qu’apparente et son réalisme n’est pas exempt d’ambiguïté: la nostalgie, à peine perceptible, se dissimule derrière la gaîté contenue d’un quotidien paisible ; la couleur, lisse, franche et sans nuance, atteint néanmoins à la somptuosité; et le trait qui saisit avec précision la forme simplifiée, surprend par sa délicatesse extrême.



Lorsqu’il s’adonne à la répétition, en l’occurrence dans les nombreux portraits d’Ada, son épouse, Alex Katz ne duplique pas à l’identique, comme le spectateur pourrait le croire au premier regard, il module de façon ludique des différences infimes. Et par delà les thèmes développés, dans ses portraits tout autant que dans ses paysages, la lumière est convoquée, celle, fugitive, de l’instant, qu’il nomme « lumière rapide ». Ainsi, sa peinture, semblant saisir la fluidité du temps et capturer la fugacité de l’instant, nous donne à voir l’éphémère.



Duncan Wylie
Duncan Wylie est né en 1976 au Zimbabwe et est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Son travail porte sur les architectures effondrées et évoque en cela l’actualité quotidienne. Entre figuration et abstraction, il nous invite à déchiffrer autant d’énigmes posées sur un monde dévasté par les destructions de toutes sortes. Mais sa peinture ne cède en rien à la mélancolie: l’énergie et la vigueur y sont offertes à voir, par un geste virtuose, dans un éclatement tonitruant de la couleur. Et en regard de du chaos sur lequel elles s’ouvrent, ses œuvres expriment avec force la puissance édificatrice de l’art et en affirme avec conviction les capacités de reconstruction.

Gregory Forstner
Gregory Forstner, né au Cameroun en 1975, a poursuivi des études artistiques à la Villa Arson à Nice. Entre burlesque et légéreté, humour et désenchantement, gaîté et mélancolie, son travail emprunte à l’iconographie carnavalesque pour entraîner le spectateur, de bouffonneries en réjouissances, dans une sarabande au cœur de l’inconscient collectif. Dans ses compositions, où la référence à Bosch, Ensor et Bacon peut être perceptible, la cruauté et la monstruosité de nos sociétés est suggérée en filigrane, ce qui ne leur confère que plus de puissance et de force expressive.

par C. Mathis

Musée de Grenoble - du 4 juillet au 27 septembre 2009
5, Place Lavalette
38000 Grenoble
Tél 04 76 63 44 44
www.museedegrenoble.fr