« Le Murmure des Vents – La voix d’un peuple » Concert du doudoukiste Lévon Minassian Au Château-forteresse de Salses - 21 mai 2020

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« Répandre l’âme arménienne à travers le monde, en diffusant par la musique ce qu’elle porte en elle d’universel et dire par le doudouk ce qu’aucun mot ni aucun autre instrument ne peut dire, dire l’indicible » (Lévon Minassian)

21 mai 2020. Il ne pouvait y avoir date mieux choisie pour programmer ces merveilleux concerts. L’Ascension est une fête chrétienne célébrée le quarantième jour à partir de Pâques. Elle marque la dernière rencontre de Jésus avec ses disciples après sa résurrection, son élévation au ciel.

Spectacle

Le doudouk de Lévon Minassian, musique de l’âme

La musique que nous livre Lévon Minassian appartient à cette sphère hors du temps et de la durée, où l’âme a besoin de se prolonger pour découvrir qu’elle en a encore une. Le doudouk de Lévon Minassian est céleste, c’est la musique des anges. Accompagné de Serge Arribas au clavier, de Michèle Lubicz et Jacques Vincensini au doudouk, de Tigran ter Stepanyan à la guitare, de Pierre Nentwig au violoncelle et de Benoit Gunalons au chant, la chapelle San Sebastian du château de Salses résonnera l’après-midi de musiques, chants sacrés et traditionnels. Il ne pouvait y avoir lieu plus approprié. Le soir, le public assistera au concert en plein air ou dans une des salles du château. On ne pouvait rêver concert plus adapté que dans ces murs. Source d’inspirations, la musique de Lévon Minassian donne à voir le monde autrement, conjugué au pluriel, transfiguré par la diversité culturelle. Instrument ancestral, inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le doudouk est devenu l’emblème identitaire de la musique traditionnelle arménienne dans le monde entier. Le doudouk est un instrument pluri-millénaire fabriqué en bois d’abricotier.

La musique du doudouk, transmise depuis des millénaires par des maîtres, exalte l’amour et l’humanité mais elle est surtout la mémoire d’un peuple, celui d’Arménie. Unique au monde, les différents instruments qui entourent Lévon Minassian, lors de ces concerts, dialoguent, se rencontrent, un ensemble ou le talent bouillonne pour un plaisir partagé. Une musique pure, éthérée, se fait prière avec une sensualité qui touche au spirituel. Elle s’élève, et la magie opère, transgresse les codes, enchante le public, à la fois le bouleverse et l’éblouit. Ecouter Lévon Minassian, c’est pénétrer l’intimité de l’artiste tout en approfondissant sa réalité la plus intime.

Lévon Minassian, Musicien Prodige

Lévon Minassian est né à Marseille, dans le quartier de Saint-Jérôme, où ses grands-parents trouvèrent jadis refuge, entouré d’une famille vivant dans le culte de la musique. En 1992, Lévon Minassian est sollicité par Peter Gabriel pour participer à son album Us puis pour ouvrir en solo les concerts de sa tournée mondiale Secret world live tour. Un coup de projecteur qui va faire de lui un doudoukiste très prisé des grands noms de la variété (Charles Aznavour, Patrick Fiori, Hélène Segara, Christophe Maé, Daniel Lavoie) ainsi que des personnalités de la world music (Sting, I Muvrini, Simon Emerson, Manu Katché). En 1997, il joue à l’Elysée, invité en tant que soliste par le président de la République Jacques Chirac lors de la visite du président Arménien Lévon Ter Pétrossian. En 2003, il est décoré Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le président Chirac. Lévon Minassian poursuit une carrière prodigieuse. Parmi les concerts prestigieux, notons qu’il sera l’invité, accompagné d’un orchestre symphonique, du prestigieux théâtre Bolchoi à Moscou. Levon Minassian a contribué à ce que le doudouk s’inscrive dans les valeurs culturelles universelles, mêlent aux autres instruments du monde ses influences arméniennes à la fois si gaies et si mélancoliques.

Au clavier, Serge Arribas est le compagnon de route. Magnifique pianiste et professeur de piano, sa musique intensifie l’émotion. C’est une main tendue vers le doudouk, un soupir, une plainte, un chant qui rebondit, enrichit, perpétue l’instant. Avec Serge Arribas et Michèle Lubicz, doudoukiste , les musiciens de ce concert, qu’il s’agisse de Jacques Vincensini, de Tigran ter Stepanyan, de Pierre Nentwig ou de Benoit Gunalons, sont la promesse de l’excellence

La forteresse de Salses

Voie Domitienne’, ‘route des Cathares’ ! les mots laissent d’emblée place au rêve. Au pied des Pyrénées, les châteaux mimétisés dans la roche, les gorges et les splendides panoramas, ont vécu les croisades contre ‘l’hérésie’ cathare. Non loin de Perpignan, entre les étangs de Corbières et de Salses-Leucate, se dresse une imposante forteresse construite à la fin du XVe  siècle sur ordre de  Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille pour protéger la frontière entre l'Espagne et le royaume de France, le Château de Salses, un verrou entre la Catalogne et la France. C’est Francisco Ramiro Lopez, grand architecte espagnol, missionné par les rois catholiques d’Espagne, lance la construction de la forteresse près de sources fort utiles en cas de siège, l'édifice garde l'ancienne frontière. Assiégée, prise et reprise en 1503, 1639, 1640, la place est définitivement conquise par les Français en 1642. Le traité des Pyrénées de 1659 redessine les territoires : la forteresse perd alors de son importance. À partir de 1691, elle est partiellement restaurée par Vauban. Transformée en prison par Louis XIV en 1682, 19 prisonniers y furent incarcérés en 1683 lors de l’affaire des poisons, 18 d’entre eux y finiront leurs jours emmurés vivants. Aujourd’hui le château se visite, une plongée dans le temps et la mémoire. Située sur le « pas de salses », près de l’ancienne via Domitia, la forteresse est bâtie dans la plaine du Roussillon et contrôle l’étroit passage qui vient de « France », c’est-à-dire des places fortes de Leucate et de Narbonne.

Lieu atypique entre tous, la forteresse de Salses propose des évènements sur différents espaces : la chapelle St-Sébastien, les écuries, l’immense place d’armes…

LA CHAPELLE SAN SEBASTIAN

Dédiée à Saint Sébastien, les 100 mètres carrés de cette chapelle voûtée remarquable occupent l'extrémité de l'aile est de la Place d'Armes. Elle a été dotée, au XVIIe siècle, d'un retable composé de deux pilastres qui cantonnent un cadre mouluré, surmonté d'un fronton orné du Soleil Royal de Louis XIV. Son acoustique parfaite, sa beauté servent d’écrin.

Le 21 mai 2020, Jamais la musique ne vous parlera autant d’Humanité. Mêlé aux autres instruments, jamais les sons anciens ne vous paraitront si nouveaux. Parmi les douves et les donjons, Lévon Minassian vous invite au voyage.

Danielle Dufour-Verna