ANTHEA - SAO PAULO DANCE COMPANY

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Le Festival de Danse de Cannes étend sa programmation dans diverses salles de la région PACA : Antibes, Nice, Mougins, Grasse, Carros, Draguignan. C’est donc à Anthéa, à Antibes, que s’est produite la Sào Paulo Dance Company, une prestigieuse compagnie dirigée par Inès Bogéa, ex-danseuse de Grupo Corpo (venu à Cannes l’an dernier).

 

 

Spectacle

D’une qualité exceptionnelle par sa technique irréprochable, où puissance et fragilité se mêlent dans une énergie dynamique, cette Compagnie Brésilienne, créée en 2008, a présenté trois pièces remarquables, montrant sa diversité créative.

Présentée pour la première fois en France, « Agora » est une chorégraphie de Cassi Abranches sur une musique de Sebastian Piraces, très évocatrice du Brésil et de ses rythmes endiablés, qui, cette fois, explorent tous les aspects du temps. Le temps qui passe aussi bien que le temps qu’il fait, puisque la météo le dispute à la durée et à la mesure musicale.

Dans « Mamihlapinatapai »(un mot d’origine amérindienne signifiant les frémissements des émois amoureux), quatre couples de danseurs s’enlacent dans une évocation du désir amoureux où tout commence par le regard de personnes qui attendent que l’autre prenne l’initiative du geste dans leur évident désir réciproque. Dans cette chorégraphie de Jomar Mesquita, beaucoup de sensualité et de lascivité transpirent des gestes de couples qui dansent regard contre regard, silence contre silence, sur une musique qui envoûte un public enthousiaste.

 

Spectacle


Enfin, à la fois onirique et engagé, « Odisseia » est une création de Joëlle Bouvier, l’une des chorégraphes emblématiques de la jeune danse française des années 80. Entre le mythe d’Ulysse et l’errance des migrants, tant sur mer que sur terre, cette pièce, davantage narrative que les deux premières, traite de la question migratoire et de l’identité au coeur de l’environnement social actuel. Le contexte musical y est typiquement brésilien dans leurs rythmes et leurs harmonies, sans être obscurci par la tradition, puisque également empreints de classique baroque avec des extraits de Villa-Lobos et de « La Passion selon Saint Matthieu » de Bach. On entend aussi en off un poème de Moraes, dit par Maria Bertânia.

Avec autant de danseurs que de danseuses, le couple, dans sa sensualité et sa tendresse, est très présent dans chacune des trois chorégraphies où les situations physiques sont toujours partagées entre les sexes. Les femmes ne sont pas tellement portées et les hommes dansent vraiment avec elles.

 

Spectacle


La très dynamique Sào Paulo Dance Company a ravi le public d’Anthéa qui a longuement manifesté son enthousiasme par des applaudissements, des sifflets admiratifs et des hurlements de bravos !

Caroline Boudet-Lefort