ALBERT CHUBAC au MAMAC

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Le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice, (MAMAC) présente une exposition d’Op Art intitulée « Le diable au corps », sous-titrée « Quand l’op art électrise le cinéma ». Parce qu’il s’agit des moyens d’une exposition dans un musée, la présence du cinéma reste forcément marginale, davantage rapports théoriques que dialogue avec des œuvres dont les ressorts d’objets technocratiques seraient plutôt le revers de la recherche du vivant spontané exprimé par le jeune cinéma des années soixante. Ce qui donne dans une exposition bien construite et séduisante, une belle et agréable synthèse de pratiques dans leur temps dominantes. Tendance Op et Cinétique qui à distancier finit trop souvent par choir dans un décoratif qui s’avère toutefois très efficace et publicitaire.

 

Exposition

La bonne surprise est au dernier étage, dans l’espace réservé aux collections du musée, avec une salle entière consacrée cet été à l’œuvre d’Albert Chubac (Genève 1925- Tourette-Levens 2008) plasticien dont le MAMAC possède plus d’une centaine d’objets donnés par l’artiste après sa rétrospective à l’initiative de Gilbert Perlein présentée à Nice en 2004.

Après des études à Genève et à Paris où il lie une forte amitié avec Robert Pinget, le jeune artiste voyage en Espagne, en Italie, séjourne un temps en Algérie, en Egypte, puis en Grèce, avant de s’installer au début des années 50 dans le haut du village d’Aspremont, à 15 km de Nice. Ce qui le conduit à participer aux rencontres et aux expositions qui préfigurent l’Ecole de Nice, et bien évidemment à toutes les expositions École de Nice décennales de la Galerie Alexandre de La Salle (1967 / 1977/ 1987 / 1997) et d’autres en France (dont « A propos de Nice », Centre Beaubourg en 1977) et à l’étranger, États-Unis, Japon, Taïwan…

Exposition

L’exposition au MAMAC se limite à la partie après 1960, la plus personnelle des « bricolages » d’Albert Chubac, principalement montages plexis ou bien, plus convaincants, ceux construits de bois peints de couleurs pures disposés sur fonds blancs. On y retrouve la joie ludique d’un Albert Chubac profondément méditerranéen par option : « Je préférais de loin le bord de mer, les gens et les couleurs (…) De chez moi, qui est une maison très ouverte, je vois les lumières, la fin de Nice, Antibes et les îles de Lérins. » et « Dès que je rentre dans l’atelier, sans chercher, j’écoute France Musique. J’ai une autre drogue depuis très jeune, le soleil, et cela se sent aussi dans mes travaux. » Recueillis au MAMAC en octobre 2003 par Gilbert Perlein, ces propos ont été publiés dans le catalogue Albert Chubac en 2004 sous le titre évocateur : Albert Chubac n’a peur ni du rouge, ni du jaune, ni du bleu.

Exposition

Préfaçant en 1993 son exposition à la Maison des Comoni (Le Revest-les-Eaux, dans le Var) j’écrivais : « Peintre ou sculpteur, Albert Chubac ? Qu'on l'écoute parler de ses œuvres, on l'entend modestement dire : mes "petits" collages, mes "bricoles", mes "objets", l'une de mes "choses". Ni peintures, ni sculptures donc? Disons tout de même sculpteur. Sculpteur peut-être, mais alors ce sont les couleurs qu'il sculpte. »

Laissons le dernier mot à son ami Robert Pinget, qui parlant de ses "objets colorés qui refusent de se laisser peindre", a pu écrire à propos d'Albert Chubac : "C'est lui en définitive qui a triomphé de la peinture".

Marcel ALOCCO

« Le diable au corps, quand l’op art électrise le cinéma »

du 17 mai au 29 septembre 2019

et voir dans l’espace « collection » la salle Albert Chubac

Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain (MAMAC) NICE.