une proposition de Mathieu Mercier

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Diller+Scofidio, Hans-Peter Feldmann, Fabrice Hyber, Véronique Joumard,
Mac Adams, Jean-Luc Moulène, Antoni Muntadas, Roman Opalka, Bill Owens,
Bruno Peinado, Bernard Piffaretti, Tobias Rehberger, Hugues Reip, Alain Séchas
Collection Frac Haute-Normandie
Collection Frac Basse-Normandie
vernissage jeudi 6 juillet 2006 à 18h30

C’est à partir des deux collections du Frac Haute-Normandie et du Frac Basse-Normandie que Mathieu Mercier conçoit une exposition au Frac Basse-Normandie selon deux axes de réflexion qui constituent les deux salles d’exposition :
- la fabrication des images photographiques dans une sorte d’inventaire des différentes manières de l’aborder.
- la capacité des œuvres à habiter un lieu.


moulene« S’il y avait une meilleure connaissance de la fabrication des images, il y aurait moins de fantasmes sur leurs capacités (de la propagande à la pornographie) », Mathieu Mercier démontre dans la première salle avec un certain nombre d’œuvres ce postulat :
Dans Sans titre, 1997, photographie d’un nu féminin à la fois artistique et publicitaire, donnant la dimension « d’objet » à son sujet, Jean-Luc Moulène réunit divers points de vue photographiques : industriel, artistique et populaire.
Les collections d’images du quotidien de l’œuvre Bilder, 1968-1974 de Hans-Peter Feldmann constituent des fictions paranoïaques par croisement des documents soigneusement accumulés.
Mac Adams dans Half Truths, Untitled 3, 2002 construit une image en diptyque comme une énigme, celle d’une scène de crime aux indices multiples et qui renvoie la photographie à son témoignage irrévocable.
Les images de Architektur, Raüme, Gesten, 1988-1991 d’Antoni Muntadas mettent en exergue les lieux de pouvoir en utilisant les codes esthétiques même du pouvoir.
Opalka 1965/1- ∞ Détail 2109748 et Opalka 1965/- ∞ Détail 443710, 1965 de Roman Opalka, autoportraits pris à plusieurs années d’intervalles, déclinent clairement le passage du temps.
Diller + Scofidio dans SuitCase Studies, 1991 inscrivent une image médicale de l’architecture.
Bill Owens avec S-67 Fourteen years ago, 1972, S-29 Tupperware, 1972 et S-12 diptyque A&B, 1972 donne à voir les conséquences sociales des plans urbanistiques aux Etats-Unis à la fin des années 60.
Les termes politiques de l’ensemble de ces œuvres sont opérants par le biais de la construction même de chaque image en résonance avec les modes de diffusion médiatique.
La transition d’une salle à l’autre se fait par l’œuvre de Véronique Joumard Miroirs, 2003 qui engage le spectateur dans un jeu de cache-cache avec sa propre image.
La deuxième salle présente des œuvres qui font des va-et-vient constants entre valeur symbolique et valeur d’usage.
Les objets « design » de Tobias Rehberger dans l’œuvre Smoking, listening for himself - I care about you because you do, 1996 révèlent le rêve d’un fonctionnalisme futuriste.
Alain Séchas avec French Lovers, 1997 fait référence au goût populaire et joue avec l’autodérision.
Les images de la culture de masse sélectionnées par Bruno Peinado se retrouvent agglomérées dans l’œuvre Luxe interior, 2004.
Dans Dots, 2004 Hugues Reip, en utilisant un motif simple animé, crée un univers vivant oscillant entre le microscopique et le cosmique.
La peinture Sans titre, 1997 de Bernard Piffaretti, dédoublement d’un premier motif dans un même tableau, expérience intellectuelle de la peinture est saisie, ici, dans son aspect proche du décoratif.
POF n°6 : Peau, 1994 de Fabrice Hyber, Prototype d’Objet en Fonctionnement dont le corps-enflure se double de prothèses, d’implants ou de protubérances symbolise l’autre.
Dans une sorte de distorsion, se dégage de l’ensemble de ces œuvres une esthétique qui nous reste familière. Elle témoigne de notre aliénation face aux images médiatiques et à l'environnement qu’elles nous poussent à produire.

Exposition du 7 juillet au 17 septembre 2006 tous les jours de 14h à 18h sauf les 14 juillet et 15 août