Marcel ALOCCO, origine NICE

PDFImprimerEnvoyer

« Un tas de N'importe Quoi ! »

Le boulevard Raspail a polarisé ma vie d'étudiant parisien de 1962 à 1969 et décidé de son futur. De la librairie Gallimard au carrefour Bac, à l'Ecole Spéciale d'Architecture (ESA) en face du centre Culturel Américain avant Denfert-Rochereau, s'égrènent les librairies Belles Lettres - Guillaume Budé au carrefour Rennes et de là, l'Académie Fernand Léger, l'Alliance Française et le Lucernaire à proximité du Balzac de Rodin au carrefour Vavin. Autant de motifs à veurder infiniment (bouger en patois morvandiau) et à baguenauder utilement.

 

 

Exposition

Le quartier m'a été généreux jusqu'à servir ma porte par deux fois. J'ai gardé trois collages de Joan Rabascall de 1964-1966 - début de ma collection - trouvés un petit matin au pied de notre habitation commune du 29 rue de Sévres, adresse confirmée plus tard par le « Dossier 68 » dont il est contributeur avec tant d'autres dont il est question ici. Et lors de ma session de diplôme, l'exposition en avril-mai 1969 de 7 artistes d'un groupe « Supports-Surfaces » - qui n'existe pas encore - Marcel Alocco, Daniel Dezeuze, Noël Dolla, Bernard Pagès, Jean-Pierre Pincemin, Patrick Saytour, Claude Viallat, sous la verrière de l'ESA dont Otto Hahn qui deviendra un ami, rendra compte dans l'Express du 20 avril 1969 : « On peut trouver dans l'exposition l'amorce d'une idée. Après ce premier contact, les personnalités s'affirmeront peut-être. »

 

Exposition

Choc et cristallisation de mon intérêt pour les arts plastiques conforté par mon engagement avec une artiste, Marie Chamant, camarade d'atelier de Bernard Pagès (Art Sacré - Art monumental, place de Furstemberg) dont la proposition à l'ESA m'avait interloqué. En 1974 à la Pointe de Contes (Alpes Maritimes) il nous dit faire sa première vente en me cédant des « Grillages » et un « Dossier 68 », ensemble d'originaux et de multiples initiés par Jacques Lepage qui réunit 48 artistes d'avant-garde (surtout français du midi et italiens voisins) dont Alocco, Dezeuze, Dolla, Pagès, Saytour et Viallat et Rabascall d'origine argentine.

Exposition

La foire niçoise Art Jonction en 1987 est l'occasion de retrouver un grand nombre d'entre eux. L'éditeur et écrivain Alain Amiel me rapproche de Marcel Alocco. Celui-ci place notre première exposition en 1989 au 28 bis boulevard de Sébastopol, sous les auspices de Michel Butor avec la géniale collaboration de l'éditeur-artiste Richard Meier, avec qui nous ferons tant pour de nombreux artistes.

Exposition

Alocco : Fluxus, performances, théâtre, c’est à dire célébrer poétiquement le fugitif et l'immatériel - le « Degré zéro » de l'art disait Otto Hahn en 1969.

" Un tas de N'importe Quoi !" de la part de visiteurs.

C’est ensuite poursuivre dans l'infini, l'indéfini et le non fini en passant des milliers d'heures à œuvrer sur de la toile - peindre, déchirer, coudre - à tirer chaines ou trames, à jongler textiles et textes, remonter le temps de l'industrie humaine en tissant des cheveux et remonter le temps de la figuration en recopiant des dessins d'enfants.

Exposition

Toutes les traces de cette activité, assez proche de celles d'autres ascètes à l’instar de Leszek Brogowski alignant des millions de lignes parallèles, ou encore de Henri Ughetto posant des millions de gouttes de sang sur des œufs et autres supports, sont fascinantes au sens propre du terme, aussi inutiles qu'indispensables, démontrant qu'il y a toujours des choses à inventer et qu'il se trouve des esprits pour y dédier leur vie et en réjouir ceux qui justement y voient du sens.

En 2019, 50 ans après ce baptême d'arts plastiques, c'est évidemment un plaisir de marquer avec Marcel Alocco une nouvelle étape de notre collaboration dans le cadre du Fonds de dotation Enseigne des Oudin, créé en 2015, pour prendre culturellement (archives et recherche) le relais de 40 ans de galerie et de collection. C'est par ailleurs une heureuse conjonction de coéditer avec les Editions de L'Ormaie, constant éditeur de Marcel Alocco, ses conversations « Controverses à propos des arts Contemporains » avec Alain Amiel, justement!

Exposition

Cette exposition célébre les retrouvailles de Marcel Alocco avec Laurence Imbernon, conservatrice d'art moderne et contemporain au musée des Beaux-arts de Rennes qui alla à sa rencontre à Nice en 1982 et dont le n°13 de la revue « Artiste » publiera un article intitulé « Tout va bien : Comme la peinture en 1970. »

Cette édition du premier « Cahier Enseigne des Oudin », menée par Jannick Thiroux, directeur du Fonds de dotation, porte témoignage de cette démarche de Marcel Alocco et de son exposition en deux tomes.

Alain Oudin

Avril 2019


Marcel ALOCCO , origine Nice

Tome 1 : du 11 mai au 15 juin – Tome 2 : du 22 juin au 20 juillet.

Enseigne des Oudin Fonds de dotation 4 rue Martel – 75010 Paris