Hier n’a pas eu lieu 1989-2019

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Le régime de Ceausescu est tombé hier. Aujourd’hui à Bucarest la foule en liesse a envahi le centre-ville et a investi le palais présidentiel le mettant à sac. Les cris, les pleurs et un sentiment de vivre un moment irréel, voilà les images de la première révolution télévisée que le reste du monde découvre en décembre 1989.

 

 

Exposition

L’exposition Hier n’a pas eu lieu 1989-2019 est née suite à la découverte d’une anecdote racontée par Jean-Claude Rogliano dans Visa pour un miroir. Il y raconte comment l’un des premiers convois humanitaires français est parti de Corse et sa rencontre avec le peuple roumain.

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L’ambition du projet n’est évidement pas de rendre compte de ce voyage mais de s’intéresser à un moment de l’histoire, d’inviter à voir sous un prisme nouveau les stigmates du passé. Soulignée par une scénographie intimiste, et par une réflexion sur l’image-document, l’exposition témoigne de l’enjeu de la mémoire dans la mise en place d’un processus de résilience.

L’exposition Hier n’a pas eu lieu 1989-2019 est une déambulation dans une carte mentale collective de cette période historique dans laquelle chaque œuvres prend la forme d’une réminiscence. Les pièces se font échos telles des traces mnésiques. Ainsi, se côtoient des œuvres emblématiques d’Irina Botea et Stefan Sava et celles des artistes Adrien Porcu Deiana et David Raffini qui ne connaissent de cette période de l’histoire de la Roumanie que les archives visuelles. Comme l’évoque Georges Didi-Huberman, philosophe et historien de l’art, avec sa théorie de l’interprétation des images, « Les images ont du pouvoir. Pire: elles sont du pouvoir ». Il explique d’ailleurs la nécessité de la flexibilité, d’associations libres entre images via des similitudes, ou des comparaisons mais aussi par des jeux de différences.

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Cette esthétique du fragment est un véritable fil rouge de l’exposition. Le spectateur est invité à se laisser envahir par cette chorégraphie cathartique dans laquelle les œuvres sont érigées comme autant de traces mnésiques et montrent avec délicatesse les liens qui se tissent entre différents événements et leurs impacts sur notre relation à l’autre et à nous-même.

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Cette esthétique du fragment offre une lecture diachronique, une temporalité morcelée à l’interstice entre une possible continuité et un renoncement. Comme le laisse présager le titre de l’exposition qui évoque cette temporalité lacunaire, entre épitaphe et besoin d’utopie, cette exposition est l’occasion d’emmener la réalité historique vers un acte poétique et l’occasion de témoigner en cette date anniversaire de trente ans de liberté.

Madeleine Filippi

Exposition d’art vidéo présentée dans le cadre de la Saison Culturelle France-Roumanie au Centre d’art Ange Leccia Du 6 avril au 4 mai 2019. Artistes : Irina Botea, Adrien Porcu Deiana, David Raffini, Stefan Sava Commissaire de l’exposition : Madeleine Filippi