BERNARD BRUEL chante BREL, Et nous transporte dans son île-monde où le temps s’arrête…

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Soirée magique et succès fou le vendredi 2 novembre 2018, pour ce concert exceptionnel organisé par l’association ‘Les Amis de Richard Martin’. En témoignent l’affluence et l’enthousiasme du public au sortir du spectacle. Plus que jamais mobilisés face au manque de subventions dont souffre ce magnifique théâtre, les membres de l’association ont planifié un concert de Bernard Bruel au Théâtre Toursky, un travail remarquable de bout en bout, préparé âprement de longue date et remarquablement ficelé. Force est de souligner que les personnes actives dans cette association présidée par René Mussi font preuve d’un dynamisme à toute épreuve dans ce théâtre humaniste et fraternel.

Bernard Bruel chante Brel. On peut s’étonner du patronyme, mais c’est réellement le sien! Choix judicieux puisque le public a envahi la salle Léo Ferré dans une ambiance chaleureuse, jusqu’à y ajouter des fauteuils. Mais le deal était loin d’être gagné face à des spectateurs exigeants, fins connaisseurs et dans l’expectative, car c’est à un voyage avec Brel que nous a convié Bernard Bruel. Entre confidence et complicité, entre théâtre et tour de chant, Bernard Bruel décrypte l’intime de Jacques Brel.

Spectacle

Le décor est sobre, à l’image du grand chanteur disparu. Après les discours d’accueil et de remerciements de Richard Martin, directeur du Théâtre, de René Mussi et de François Bérengier, c’est un homme en costume tenant un petit sac de voyage qui s’avance.

Bernard Bruel interprète, seul sur scène, des chansons et des textes qu’il accompagne quelquefois à la guitare. Il campe un Brel qui se livre et nous confie ses réflexions sur les femmes, les hommes, l’enfance, les rêves, la politique, la mort et lamour… Tous ces thèmes qui ont habité et hanté sa trop courte expérience. Sans jamais aliéner sa propre personnalité, ni d’homme ni d’interprète, Bruel nous ramène, de sa voix chaude, la présence et les mots de Jacques Brel. Ce mélange de chansons connues –ou moins connues- et d’intimité, agencent un spectacle ambitieux, fait de tendresse et de passion. « Aimer jusqu’à la déchirure »… L’artiste excelle dans le registre, jusqu’à incarner ce fantastique Brel tout en apportant son originalité, sa patte personnelle. Ce n’est pas de l’imitation, c’est de la justesse dans le talent. La voix traine, lascive, s’accroche, ardente, se fait prière, s’embrase. Toutes les émotions sont ciselées, mesurées, sans outrance. C’est beau, et le public ne s’y trompe pas. Ovationné, rappelé, bissé, Bernard Bruel a cristallisé, avec ses mots, ses notes, ses accords, ses gestes mesurés, l’œuvre et l’homme, la tendresse, l’amour et la poésie, dans un écrin de sobriété et de talent, jusqu’à l’exaltation.

Le restaurant ‘les frangins d’la night’ n’étant pas ouvert ce soir-là, le public, nombreux, continuera la soirée en ravissant ses papilles d’un excellent repas à la bruxelloise –moules-frites, crème au citron spéculos-, concocté brillamment sur place par Thomas Puget de « La Fourchette d’Anna » et son équipe, dégusté et approuvé haut la main par les quelques cent quatre-vingt convives.

Chapeau bas !



Danielle Dufour-Verna