Festival Les Nocturnes de la Sainte-Victoire, le rêve s’achève sous les étoiles….

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Provence, terre de festivals…Dans un précédent article de présentation du programme des Nocturnes de la Sainte Victoire, troisième édition d’un festival placé sous le signe de l’excellence, j’avais évoqué l’âme poétique des musiciens. Notamment celle de deux artistes, Alexandra Lescure et Etienne Kippelen, en chefs d’orchestre présents, attentifs, minutieux et inspirés, de ces Nocturnes. Ils ont choisi La cour d’un château médiéval, un théâtre de verdure et une chapelle, pour y lover chacun de leurs coups de cœur. Joyau du patrimoine naturel français, la montagne Sainte-Victoire dresse, depuis la nuit des temps, son massif calcaire sur les plaines vallonnées du pays d’Aix. Muse, elle a inspiré Cézanne, complice, elle abrite à l’ombre de ses pins les amours naissantes. Elle est, désormais, l’égérie des musiciens. Chez nous, ces derniers conjuguent avec les cigales… Programmation exceptionnelle ! Imprégnés de l’aura d’artistes internationaux, ces lieux d’enchantement vibrent encore de leurs musiques, classique et jazz, de leurs voix, de leurs danses… Magique !

 

Spectacle

Musical, gourmand, éclectique et convivial, le festival des Nocturnes Sainte-Victoire offre en prélude à chaque spectateur un grand buffet dînatoire, composé de produits et de vins du terroir particulièrement raffinés, ajoutant le régal des papilles à l’émotion de l’instant, inclus dans le prix – très modique- du billet. Nous étions présents, ce dimanche 8 juillet, pour assister au concert du « Mathilde Ferry Jazz Quartet » Wonderful Gershwin. Non seulement Gershwin fut « Wonderful », Mathilde Ferry et ses musiciens, Laurent Epstein au piano, Jean-Pierre Rebillard à la contrebasse, Sylvain Gleverac à la batterie, le furent également, qui ont littéralement ébloui, conquis les spectateurs. Merveilleusement enveloppée d’un trio piano-contrebasse-batterie, la voix suave de Mathilde Ferry nous plonge dans le Broadway des années 1920. Mais au-delà de la musique, « Wonderful Gershwin » raconte aussi, au-travers des mots, la vie fulgurante de ce génie mort prématurément –à l’âge de 38 ans- qui laisse derrière lui une œuvre colossale et un style inimitable. George Gershwin c’est l’audace et le jazz en partage. Ce pianiste prodigieux était doté d’un grand sens mélodique. Gershwin est américain ? Ses musiques sont universelles.

Spectacle

Plus qu’un hommage, Mathilde Ferry incarne célèbres mélodies de Gershwin, dont elle restitue le swing et le timbre chaleureux, jusqu’aux numéros de claquettes qu’elle distille avec bonheur entre deux chorus du pianiste. La personnalité de Mathilde Ferry, l’élégance de sa présence, mais aussi son incroyable sens du swing –qu’elle affectionne particulièrement- se marient parfaitement avec l’accompagnement mélodique et rythmique de ses trois excellents complices musicien. La chanteuse a le blues à fleur de peau. Sa voix glisse, exquise, sur ‘Summertime’, suave et douce, à la manière de ‘Clara’ endormant son enfant. Envoûtante dans ‘The man I love’, magnifique tout au long du spectacle, Mathilde ferry nous parle d’amour.

Comme à chaque fin de spectacle, les applaudissements qui crépitent veulent à tout prix retenir les artistes ovationnés. Mention spéciale pour l’organisation impeccable et la programmation de haut niveau de ce festival hors normes. Quand on sait qu’aux manettes se trouvent deux musiciens à l’immense talent, en l’occurrence Alexandra Lescure et Etienne Kippelen, il est facile de comprendre le bonheur des centaines de mélomanes qui s’y pressent lors de ces soirées d’été.

Immense succès pour cette troisième édition qui signe avec le public un satisfecit absolu. A l’année prochaine… Nous y serons !

Danielle Dufour-Verna