ANGERS, VISITES à Malaval et autres

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Après les visites traditionnelles pour revisiter le passé, comme au Château d’Angers, avec la célèbre Tapisserie de l’Apocalypse, ou à la Galerie David d’Angers, Le Musée des Beaux-Arts, ou encore le Musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine, il est possible à Angers de rencontrer l’art contemporain.

 


Au Musée Jean-Lurçat, le remarquable accrochage de Thomas Gleb, mais surtout une impressionnante salle de tapisseries ( ?) des massives et imposantes et viscérales œuvres de Josep Grau-Garriga. Du 26 juin au 15 novembre 2009 s’y tient aussi la « 9° Triennale internationale des mini-textiles », avec exposition des acquisitions faites lors des précédentes cessions. Le textile n’y est plus qu’un prétexte souvent difficile à percevoir, le thème proposé guère contraignant, mais l’ensemble est agréable et quelques démarches parviennent à se manifester dans les limites imposées du 12x12x12 cm.


Le Musée des Beaux-Arts mérite de prendre le temps d’une l’exploration : Avec le parcours Beaux-Art, il est satisfaisant de constater qu’il est possible de voir et étudier en région beaucoup d’artistes du 14° siècle à nos jours. Mais ce Musée est vivant : il propose des accrochages contemporains, comme du 13 juin au 25 octobre 2009 une exposition Robert Malaval.

Risquer le jugement sur une vision globale est le désir et la crainte de tout artiste. Robert Malaval (1937-1980) aurait probablement aimé cette exposition d’Angers. Les salles déroulent l’œuvre dans l’ordre chronologique, avec des pièces significatives, choisies avec discernement. L’ensemble ne constitue pas une véritable rétrospective, mais repère clairement l’itinéraire de l’artiste. Le commissaire de l’exposition (Patrick Le Nouëne) a manifestement privilégié la qualité des œuvres et un bon espace de présentation à la recherche d’une impossible exhaustivité.

L’exposition s’ouvre avec « l’aliment blanc » : « Plus qu’une psychose, l’aliment blanc était surtout une métaphore traduisant l’encombrement de la vie quotidienne. » selon Robert Malaval. Suivent « Rose-blanc-mauve » (1965-1968) avec une audacieuse simplification des figures dans un rapport de couleurs limitées et insolites. Et puis « Eté pourri-peinture fraîche » (1972) « Multicolor » (1973), l’étonnante « Poussière d’Etoile » (1973-1974) qui va marquer tout le travail postérieur. Viennent ensuite « Kamikazé rock » (1975-1977), période durant laquelle il introduit le vitesse d’exécution et utilise principalement le noir, le blanc et des gris. « Les Kamikazes correspondent à une époque de désespoir que j’ai transformé en romantisme, plutôt que de me complaire dans le noir » disait l’artiste à Michel Giroud en 1979. Mais il ne semble guère être sorti de cette zone sombre avec « Attention à la peinture » (1980). Cette dernière série de 40 toiles a été produite en direct, devant quelques spectateurs, à la Maison des Arts et de la Culture de Créteil où il vécut deux mois et demi, sous forme de « performance » dirait-on aujourd’hui.

par Marcel Alocco