Le Centquatre présente Vhils

PDFImprimerEnvoyer

À Lisbonne le jeune Alexandre Farto (aujourd’hui dit Vhils) commence à creuser des figures dans les affiches superposées sur les murs. Ainsi naissent des images révélant les dessous, les surfaces mais aussi bien l’intérieur des murs. Ses œuvres d’art urbain sont creusées dans la couche de matière recouvrant les murs, attaquant bientôt la matière murale, révélant à la fois, sur et dans les murs, le passé sous-jasant et, créés par l’artiste, de mystérieux visages anonymes.

 

 

Exposition

Cette démarche appelle au fil du temps, selon la nature des divers supports et leur aspect, et la profondeur des creux voulue par l’artiste, diverses techniques : attaques au burin, au marteau-piqueur, à l’acide, il est même question d’explosifs… Il s’agit souvent du mur aveugle d’un bâtiment ancien, dans une zone qui sent l’abandon, et détache cette intervention sur un lointain fond de citée vivante, comme Lisbonne, Rio de Janeiro, Sao Paulo ou Hong Kong dont le visiteur entend sans doute encore les bruits. En résulte des œuvres à l’apparence de bas-reliefs bruts, qui vues de près ressemblent à des dégradations, mais à distance donnent des yeux aux murs travaillés, des regards venus de la matière, violents, doux et calmes à la fois, sans autre identité que celle qu’à chacune leur attribuent la pierre, le ciment, la brique, et qui indiquent dans les traces du passé l’histoire du lieu. S’en dégage un aspect tragique mis en évidence par la violence de l’intervention et par l’endroit choisi que l’on sent par l’humain déserté, vide qu’accentue le mystère d’un visage sans nom.

Exposition

Le défaut de l’art urbain véritable est qu’il faut le voir in situ pour qu’il soit vivant et agissant. Aussi intelligente soit-elle, toute mise « en exposition » ( en galeries ou institutions) enlève l’effet de la rencontre inattendue, exclut les dimensions du réel, et donc en amoindrit l’impact — quand elle n’en oblitère pas jusqu’au sens. L’exposition peut toujours faire savoir, faire travailler l’imagination du visiteur, et peut-être donner l’envie d’aller découvrir en dimensions originales.

Exposition

Marcel Alocco


Vhils

Du 19 mai au 29 juillet 2018

Le Centquatre, 5 rue Curial, 75019 PARIS

Avec la galerie Danysz.