William + KLEIN

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Les années après-guerre sont riches en photographes. Les périodiques s’illustrent, les appareils sont de plus en plus maniables et performants, et la couleur progresse. Les magazines de mode font dans le luxe, beaux papiers, photos posées de mannequins montrés par des spécialistes.

 

 

Livre

Mais les personnalités des couturiers dont les vêtements sont proposés comptent davantage que celles des photographes poussés à la belle photo « d’objets » : objets robes, maillots, sacs, chaussures, gants, et aussi bien jolis objets mannequins. Aussi parfaites soient-elles, rares sont les photographes dont les images inventent. William Klein, lui, impose un style surtout lorsqu’il visite des villes, moins des villes que des rues, des fragments de rue. À Paris, à Tokyo, à Moscou, à New-York qu’il redécouvre après un long séjour parisien, à Rome, ce sont des bribes vivantes de capitales comme nous ne pouvons plus les voir. Plus que le décor, ce sont des personnes des années cinquante ou soixante que nous reconnaissons d’époque, saisies de près, plutôt en noir et blanc, ce qui donne plus de force, tandis que distrayantes les couleurs sembleraient masquer l’émotion. William Klein travaille volontiers à bout-portant. D’être proches, les attitudes, les visages, les yeux et leurs regards en sont davantage parlant. L’artiste anecdote chacune des séries, le texte est vivant, mais au fond un peu redondant tant la photo dit d’elle-même les circonstances, l’insolite, l’humanité. « Un concentré de l’œuvre de Klein commenté par William, jeune homme de 90 ans » nous dit-on du livre. On ne pouvait mieux définir l’ouvrage.

Marcel Alocco


William + Klein par William Klein

160 pages 19x26, relié.

Les éditions Textuel, avril 2018

( Exposition William + Klein, 24mars – 26 mai 2018

Galerie POLKA, 12 rue Saint-gilles 75003 Paris )