Gianfranco BARUCHELLO A la villa Arson

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Gianfranco Baruchello n’est pas très connu en France. Pas grande foule à la Villa Arson pour son vernissage. Nous savons que les visiteurs viennent surtout revoir ce qu’ils connaissent. Comme les enfants qui aiment qu’on leur raconte à nouveau la même histoire avec les mêmes mots.

 

Je suis sans doute resté assez enfant pour aller revoir à la Villa Arson ce que je pensais avoir jadis déjà vu ailleurs. Souvenirs ! Souvenirs ! Est-ce à Paris, à Milan ou à Rome… c’était à la fin des années soixante ou début soixante-dix. Et plutôt vu ensuite en images dans diverses publications. Parmi les courants d’avant-garde des artistes italiens que je fréquentais, qui parfois participaient à Fluxus comme Giuseppe Chiari, Gianni-Emilio Simonetti, il y avait un mélange, dans lequel on trouvait par exemple Magdalo Mussio, Ugo Carrega ou William Xerra, et bien d’autres que l’on regroupait plus ou moins sous les noms de « Poesia Concreta, Visiva e Sonora » — nous dirions ici : Poésie Concrète, Poésie Visuelle, Poésie Sonore, et aussi Poésie Spatiale. En 1967, à Fiumalbo, petit village de la Provincia di Modena, eut lieu « Parole sui Muri » qui rassembla les participations de 150 artistes plus ou moins en relation avec ces courants, parmi lesquels quelques français dont j’étais, avec Jean-François Bory, Julien Blaine… Et dans la liste publiée en 1968 dans le livre bilan « Parole sui Muri » figure Gianfrancho Baruchello. (On peut voir la collection la plus complète et la plus significative de ces tendances à la « Fondazione Luigi Bonotto » à Molvena, près de Venise.)

Exposition

De G. Baruchello il faut voir à la Villa Arson particulièrement les œuvres de cette époque, ( les moins évidentes en reproductions au format photos) jouant avec l’espace sur la toile où se distribuent de façon efficace ses petites et minutieuses inscriptions de dessins ou de textes. Sans doute la période la plus marquante de son travail à partir de laquelle se développe tout le parcours de son « écriture » montré dans l’exposition.

Nicolas Bourriaud, commissaire de l’exposition écrit : « Les œuvres de Baruchello représentent des archipels de pensées, des circuits de formes, bref, très exactement ce que l’on peut percevoir dans les « formes-trajets » des artistes les plus intéressants de la nouvelle génération. »

En parallèle on peut dans cette optique voir à la Villa Arson, (commissariat de Sophie Orlando et Katrin Ströebel), une exposition Nikaulaus Gansterer, (né en 1974) : travail dans lequel on retrouve en plus spectaculaires les gestes de Baruchello, comme une affirmation venue après la modestie et les hésitations de la longue et exemplaire recherche de l’artiste romain.

Marcel ALOCCO


Exposition Gianfranco Baruchello

Avec le concours de la Fondazione Baruchello

et Con-notations, de Nikaulaus Gansterer

Du 10 mars au 27 mai 2018

Villa Arson, NICE.