Martin Miguel - Galerie Depardieu

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En déconstruisant le tableau traditionnel, en réorganisant ses éléments, les artistes de Support Surface et du Groupe 70 ont impulsé à l’art de nouvelles directions.

Martin Miguel, après des années d’études, de recherches, de multiples explorations de la matière peinture (les couches, les signes), des gestes du peintre (balayages, effacements traces, essuyages), de travail sur les angles, sur les objets du quotidien, sur la juxtaposition de châssis, etc., s’attaque au mur, support de toute œuvre.

Mais comment faire de la peinture avec le mur ?

En fait, ça a commencé par là : depuis au moins 35 000 ans, les hommes peignent sur les parois des grottes, probablement aussi à l’extérieur et sur leur propre corps.

Exposition

À l’occasion de la construction d’une maison familiale, Miguel s’intéresse au béton, découvre son plaisir de décoffrer, pourtant loin de sa pratique habituelle :

« Avant, je déterminais un objet ou un lieu et jen faisais un moulage que jouvrais, ensuite, pour le mettre au mur ; maintenant, je fais dabord le moule, le coffrage, et je construit l’objet. C'est justement pour montrer cette relation, cette continuité et cette inversion, que dans les premiers bétons, je présentais tout : lobjet en béton en même temps que le coffrage ».

En 1985, il quitte la toile pour le béton et les techniques du peintre pour ceux de l’ouvrier en bâtiment. Avec lui, le béton sort de l’architecture pour entrer dans l’art.

Composé de gravier, de sable, de ciment et d’eau, passant d’une matière molle presque liquide qui se durcit au contact de l’air, la plasticité du béton se prête à de nombreuses explorations. En y adjoignant de la peinture, non pas en peignant, mais en déposant des pigments, de nouvelles formes, de nouvelles matières apparaissent.

Le travail se fait en aveugle, sans affect ni intention nette, laissant aussi une grande place à la sérendipité : « Ce que je veux travailler cest cette sorte de surgissement coloré, un peu comme si la couleur remontait du fond des murs dans une sorte de chute inversée. »

 

Exposition


Les œuvres présentées à la galerie Depardieu montrent des formes colorées armées de cordes et de fils de fer, où sont parfois inscrites des figures préhistoriques. Le travail sur les bordures noires fait penser à des brûlés, mais elle sont en fait composées de noir, de bitume, de copeaux et de cendres.

Grâce à Martin Miguel, le béton se dégage de ses aspects déplaisants et agressifs. Ses « fleurs de béton » ou « Vertiges colorés » (Raphaël Monticelli) dégagent une poésie aussi étrange qu’inattendue.

Alain Amiel