LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNE D’après l’œuvre de Victor Hugo Avec Pauline SMILE Mise en scène Cédric COPPOLA

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Un réquisitoire politique pour l’abolition de la peine de mort

La féminisation du personnage correspond à un besoin crucial de notre époque où la figure de la femme est volontairement assimilée, dans certains médias et à dessein, à celle de « couverture de magazine ». Avec cette adaptation Pauline SMILE et Cédric COPPOLA livrent un combat plus que jamais nécessaire qui, au-delà du réquisitoire contre la peine de mort, revendique le droit des femmes à débattre de valeurs primordiales.

Ce droit des citoyens est souvent bafoué, plus fortement encore s’il s’agit de citoyennes, cernés par un néo-capitalisme au commerce florissant, glorifiant l’aspect physique au détriment de la pensée. Cédric COPPOLA et Pauline SMILE donnent au théâtre la poussée d’adrénaline qui lui manque. Leur justesse dans l’approche de l’œuvre, l’interprétation, participe d’un théâtre de culture qu’on a plaisir à voir fleurir. Leur jeunesse et leur talent est la promesse d’un avenir où de tels saltimbanques, si on leur fait confiance et si l’Etat ne se désolidarise pas de la culture, seront le garant de la fraternité et des idées de progrès que le théâtre engagé, de tout temps, a voulu colporter.

Spectacle

Résumé : Condamnée à la peine capitale, une femme témoigne de sa fin de vie. A travers ses pensées, angoisses et souvenirs, elle nous plonge au cœur de son enfermement, l’espace d’un seul jour, le dernier de son existence, alors que le temps défile et que sa vie s’échappe. Voici ses mémoires. Poignant, viscéral, engagé, un plaidoyer pour la liberté, une quête d’espoir !

L’auteur : Un des plus grands écrivains de langue française, Victor Hugo était une personnalité politique, intellectuel engagé, qui a joué un rôle important dans l’histoire du 19e siècle.

Victor Hugo croise souvent cette guillotine place St-Jacques qui reprend fonction en 1832 sous la monarchie de juillet. Il s’indigne de ce que la société se permet de faire de sang-froid ce qu’elle reproche à l’accusé d’avoir fait. C’est au lendemain d’une traversée de l’Hôtel de Ville où le bourreau graissait la guillotine en prévision d’une exécution prévue le soir-même, que Victor Hugo se lance dans l’écriture du « Dernier jour d’un condamné ». Par sa volonté de donner un caractère universel à son œuvre, elle résonne encore de nos jours.

Cédric Coppola, metteur en scène :

« -Unité de lieu, de temps et d’action. Les règles de base de la tragédie. Nous nous sommes appuyés sur ce dogme en nous détachant des habituelles conventions théâtrales. Si la scène n’est évidemment pas le cachot de Bicêtre dépeint par Victor Hugo, elle a ici vocation d’enfermer le comédien. Ou plutôt, la comédienne. Loin d’être anodin, le passage du masculin au féminin donne un nouvel éclairage sur l’œuvre, trouvant sa force dans le climax de l’adieu d’une mère à sa fille.

Cette prison physique et psychique, psychologique se reflète dans la mise en scène. Les déplacements sont limités… Quoi de plus normal ? Le corps est faible, porté tantôt par la colère vis-à-vis de l’injustice, tantôt par l’espoir d’une grâce. Plus que les mots de Victor Hugo, il s’agit de mettre en valeur, la véritable pensée de l’auteur, profonde et intellectuelle, enfouie entre ses lignes. De conjuguer son texte en pamphlet, au temps présent. Ainsi, le contemporain surgit et frappe l’audience par maux et par mots puissants.

Le principal défi est de fuir le littéraire pour entrer de plein pied dans la vie, dans cette quête absolue de jours meilleurs que nous recherchons tous avant que sonne l’heure fatidique. Alors pour cette formidable condamnée, le temps se distord. On est avec elle, on comprend ses tourments, sa folie naissante vis-à-vis d’un Système « intolérable », comme le qualifiait Michel Foucault, face à une machine judiciaire, implacable, dictée par le pouvoir. Ne voulant pas être une marionnette, l’être se débat, cherche une échappatoire sans se soucier de qui la regarde, ni de qui pourrait l’entendre.

Dans cette variation volontairement épurée, jeu et mise en scène s’inscrivent naturellement dans cet instant T… Tout, absolument tout doit passer par la pureté, sans aucun artifice ni aucune facilité. La pièce prend donc la forme d’un plan séquence, où la condamnée n’a pas un seul refuge et ne peut marquer une seule pause. Point de musique… ce serait tricher, de noir… ce serait lui donner un instant de répit, de jeu de lumière… ce serait détourner l’attention de ses témoins. Non ! Elle est seule face au verdict, face à son audience, à ses juges et face à nous, spectateurs impuissants….

Un miroir magnifique et fatal de notre simple condition de mortel. »

Extrait d’une lettre d’un professeur de lettres classiques :

« … la venue de Pauline Smile dans l’établissement le vendredi 15 décembre 2017 à l’occasion de sa représentation féminine du Dernier Jour d’un condamné d’après Victor Hugo, mise en scène par Cédric Coppola, et ce devant ma classe de trente 3e

cette représentation a été bouleversante tant que féconde : le jeu subtil et sensible de Pauline Smile a en effet permis à son auditoire de percevoir l’intensité dramatique du texte de Hugo, d’en manifester la profondeur émotionnelle et la portée humaniste sous-jacente...

Ainsi, c’est avec enthousiasme que je remercie Pauline Smile pour sa remarquable interprétation de l’œuvre, qui s’est enrichie pour le public d’une portée et d’un sens nouveaux grâce à l’intelligence de son incarnation féminine du condamné à mort. Le texte, déjà abordé en cours dans les séances précédentes, s’est offert dans sa pureté et son humanité immédiates, dans la mesure où la confrontation, l’ancrage dans le monde réel, ont permis chez les élèves la prise de conscience des enjeux capitaux du propos tenu par l’identification avec le personnage.

Je recommande dès lors vivement ce spectacle d’une qualité indéniable, à la fois du point de vue dramatique mais aussi dans la dimension toujours actuelle et la vivacité de la défense de l’abolition de la peine capitale, encore remise en question de nos jours dans certains pays du globe. Il semble important que le message d’Hugo porté aujourd’hui par Pauline Smile puisse trouver un auditoire qui tient l’avenir entre ses mains, et particulièrement dans un monde en perpétuelle quête de ses valeurs morales profondes.

À Paris, le 4 janvier 2018, »

Cédric COPPOLA

Né à Marseille, étudiant en cinéma à l’Université de Provence, Cédric Coppola développe son sens critique au sein du journal « La Marseillaise » pendant dix ans. Journaliste culturel entre 2005 et 2015, il passe au crible pendant cette période plus de 1000 spectacles tout en approfondissant ses recherches sur la dramaturgie et la théorie du cinéma et du théâtre. Parallèlement, il devient directeur artistique du théâtre de Tatie lors de la saison 2009 / 2010, où il travaille en compagnie de Pauline Smile « Une star est née » un solo à la frontière des genres, entre humour et drame, agrémentée de vidéo-projections. Une présence remarquée au festival d’Avignon et plus de 100 représentations dans le Sud permettent une reconnaissance locale, pendant que ses courts métrages, essentiellement en Super 8, à l’approche naturaliste tels que « Bon anniversaire Petit Jean » et « Un dimanche comme tant d’autres » sont sélectionnés dans des festivals en France et à l’étranger (Luxembourg, Etats-Unis). Après s’être essayé à la comédie avec « Les Entremetteuses » de Julien Sigalas (50 représentations), l’envie de changer totalement de registre avec « Le dernier Jour d’un condamné » se fait sentir. La volonté de voir ce texte porté par une voix féminine lui fait naturellement alors retrouver Pauline Smile. En résulte un solo poignant, un geste vibrant, qui se conjugue au temps présent. La pièce est actuellement à l’affiche au théâtre du Nord-Ouest Parisien

Pauline SMILE

Après une formation de théâtre d’improvisation et de comédie musicale, Pauline Smile est amenée à collaborer avec divers metteurs en scène issus du théâtre Contemporain subventionné et travaille notamment au Théâtre Joliette Minoterie de Marseille (Scène conventionnée) avec le Collectif Ildi Eldi, dans le cadre du Festival Actoral 2013 sur Etat Civil de Sonia Chiambretto, en collaboration avec la Scène Nationale du Merlan.

Parallèlement, Pauline poursuit une carrière de comédienne au cinéma, en doublage, et interprète Le dernier jour d’un condamné actuellement en Programmation au Théâtre du Nord-Ouest (Paris 9e).

Dates des prochaines mises à mort :

29 janvier et 5 février 2018 à l’Auguste Théâtre

Vous pouvez consulter la bande annonce à cette adresse : https://youtu.be/YVxoSO8Jt7A

Contact :Play it again Production 07 78 18 03 50

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Danielle Dufour-Verna