Le Horla

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La carrière littéraire de Guy de Maupassant a connu son apogée entre 1880 à 1890. Dix années au cours desquelles il donne naissance à six romans et environ 300 nouvelles. Le Horla figure parmi les plus célèbres de ces nouvelles non seulement en raison de la qualité de l’œuvre mais aussi pour certaines similitudes avec la vie de son auteur.

 

Comme le narrateur, Maupassant vit seul et il fait mention plusieurs fois de son impression de devenir fou. En effet, au moment de l’écriture de la nouvelle la syphilis, qu’il a contractée dans sa jeunesse, provoque le début d’hallucinations et d’un dédoublement de sa personnalité qui ne feront qu’empirer et aboutiront quelques années plus tard à une tentative de suicide qui provoquera une longue hospitalisation et sa mort. Même si dans le roman le narrateur ne passe pas à l’acte il exprime clairement que l’ultime solution pour supprimer définitivement le Horla est de tuer le corps hôte. « Il est en moi, il devient mon âme ; je le tuerai. »

Adapter la nouvelle sur une place de théâtre est un défi de taille même si le quasi huis-clos de l’appartement semble parfait pour un plateau. La difficulté est ailleurs, dans cette intrusion graduelle du Horla (nom qui viendrait d’un mélange entre le mot normand horsain qui signifie « étranger » et « hors » et « là », « hors la loi ») dans la vie du narrateur et le lent basculement vers la folie qu’il provoque. Dans ce décompte de jours qui amène un peu plus vers la fin. Comment faire monter la narration jusqu'au climax, ce passage ascendant vers la folie sans tomber dans l’énumération des jours qui passent ou l’hystérie souvent choisie pour représenter les troubles mentaux ? De plus, la nouvelle fait la part belle au fantastique. La grande force du Horla est son invisibilité qui lui donne tout pouvoir sur le narrateur. Ce n’est pas seulement son lait qu’il boit nuit après nuit, mais bien sa vie. Le texte de Maupassant oscille constamment entre le réel et l’irréel. Comment insuffler ce trouble au public ?

Quelques questions parmi celles que Samuel et Paul Chariéras (dont l’apparition sur le plateau est par trop brève) se sont sûrement posées lors de l’adaptation et des choix de mise en scène de la pièce. Les réponses sont à découvrir sur le plateau du TNN jusqu’au 19 janvier.

Carine Filloux


Le Horla

Texte Guy de Maupassant, adaptation, création et mise en scène Samuel Chariéras et Paul Chariéras

Avec : Samuel Chariéras et Paul Chariéras

Création musicale Al’Tarba, I.N.C.H.

Lumières : Paul Chariéras

Costumes : Aurores Lane

Durée 1h20

Du 10 au 19 janvier 2018, relâche les 14 et 15 janvier, au Théâtre National de Nice - http://www.tnn.fr/fr/spectacles/saison-2017-2018/le-horla