Stalingrad

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La bataille de Stalingrad, et ses 872 jours de siège, ont transformé les rives de la Volga en théâtre d’un massacre sanglant. Rezo Gabriadze a eu entre les mains les notes d’un correspondant de guerre qui décrit le paysage surréaliste qui s’étalait sous ses yeux. Notamment ce cheval, à qui il ne restait que trois pattes, debout au milieu des monceaux de cadavres humains et équidés. En effet, 10 000 chevaux sont aussi morts lors des affrontements. Cette image est restée gravée dans la mémoire de l’artiste, première petite graine d’un grand spectacle. En effet, Stalingrad est pavé d’images, de scènes qui défilent comme le paysage derrière les vitres d’un train, se rapprochant chaque fois un peu plus des rafales des mitraillettes, des obus qui explosent, du sang qui gicle hors des corps, de la vie qui passe brutalement à trépas.

 

Spectacle

Oscillant entre rêve et réalité, témoignage et fiction, les marionnettes (manipulées à vue) se débattent sur le champ de bataille de la vie, minuscules héros d’une fresque tragique. Les sonorités de la langue russe donnent un accent d’authenticité à l’action et les chants slaves font profondément résonner les sentiments des spectateurs. Impossible de rester insensible à l’histoire d’amour entre Aliocha et Natacha, au désespoir de l’artilleur Jakob ou à la tristesse de cette fourmi à la recherche d’un corps qui s’il n’a pas été déchiré sous les bottes aura explosé sous l’impact des obus. Impossible également de ne pas être touché par la poésie des scènes, la lumière qui s’en dégage, la délicatesse des décors et des marionnettes.

Rezo Gabriadze est un témoin précieux porté par la foi et l’espérance. Lui qui a construit son magnifique théâtre à Tbilisi à côté d’une basilique orthodoxe. Lui qui rappelle que la légende veut que le mot marionnette vienne de (la vierge) Marie. Personne ne sera donc étonné de voir passer un ange dans le spectacle, porteur d’une seconde chance. Ne laissez pas passer celle d’entrer dans son univers onirique et coloré, d’entendre résonner les chants pour la Volga.

Carine Filloux


Stalingrad

Texte, mise en scène et direction artistique de Rezo Gabriadze.

Construction Marionnettes et décor : Rezo Gabriadze, Shmagi Savaneli, Luka Gonashvili, Vladimer Meltser, Avtandil Gonashvili, Gela Jangirashvili, Gayane Takaishvili, Maya Kobakhidze, Tamar Amirajibi, Irina Udjmajuridze et Tamar Kobakhidze.

Marionnettistes : Tamar Amirajibi, Anna Nijaradze, Badri Gvazava, Irakli Sharashidze et Vladimer Maltser.

Musique : Rezo Gabriadze et Elena Japaridez.

Lumière : Mamuka Bakradez.

Durée 1h30

Spectacle en russe, surtitré en français.

Du 6 au 8 novembre 2017 au Théâtre National de Nice -http://www.tnn.fr/fr/spectacles/saison-2017-2018/stalingrad