Le nouveau monde (Méditation poétique sur les débuts du XXIe siècle)

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Gilles Cailleau nous invite à la réflexion sur les affres du XXIe siècle. Pour cela il a transformé le plateau de Théâtre de Nice en arène, réduisant de ce fait la jauge des spectateurs et donnant un caractère plus intime au spectacle. L'artiste veut en effet nous alerter sur les grands méfaits passés, les dangers à venir mais aussi et surtout créer un dialogue.

 

Spectacle

Dans le grand cycle de la vie il rêve de l'Amérique avant les caravelles, avant la folie des hommes. Sur le sol il peint une carte du monde rouge sang qu'il poignardera de multiples coups de couteau tels les ravages de l'homme sur cette terre nourricière. Sur les ruines du World Trade Center il imaginera la vie qui reprend le dessus. Car en effet, la bonne nouvelle c'est qu'en bout de cycle, un autre (re)commence. Mais pour le moment l'humanité évolue sur un champ de mines qu'elle-même a disposé sur son chemin. Ou plutôt la déshumanité si on juge le peu de considération que nous apportons désormais aux autres. L'enfer ce n'est plus les autres, c'est maintenant nous-même. Est-il déjà trop tard ?

Sur le plateau Gilles Cailleau déploie une énergie du désespoir teintée de fébrilité, de rage sourde. Son spectacle est à l'image de la situation, sur la tranche, en équilibre fragile, il peut basculer d'un côté comme de l'autre si nous n'y faisons pas attention. La violence d'une situation est tempérée par de la poésie, des rires fusent en attendant la prochaine attaque qui fera retenir le souffle ; le chaud / froid est ainsi distillé sur le spectateur au fil des tableaux. L'urgence de la situation est à ce prix.

Reste-t-il de l'espoir ? Selon Gilles Cailleau la solution est dans l'unité, nous devons nous tenir les coudes et apporter suffisamment de lumière pour faire reculer la noirceur ambiante, partager nos peurs et exprimer nos rêves, comme si le fait de les prononcer à haute voix leur donnait déjà une réalité. Et si son arène était en fait une arche, un espace d'utopie, l'endroit où tout est possible même le départ vers ce nouveau monde encore à explorer, à inventer ensemble et à préserver cette fois-ci. "Il reste de la place, venez !"

Carine Filloux


Le nouveau monde

(Médiation poétique sur les débuts du XXIe siècle)

Ecriture, scénographie et interprétation de Gilles Cailleau.

Mise en piste de Julie Denisse.

Accessoires Christophe Brot.

Costumes Virginie Breger.

Lumière Christophe Bruyas et Philippe Germaneau.

Production compagnie Attention Fragile

Durée 2h
Du 15 au 23 novembre 2017 au Théâtre National de Nice - http://www.tnn.fr/fr/spectacles/saison-2017-2018/le-nouveau-monde