Fin de saison à la galerie Depardieu : Le quartet de Baptiste Horcholle et le quintet de Sebastien Lamine

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Avant que Nice connaisse la période de somnolence de l'activité jazzistique du mois d'août, la galerie Depardieu a proposé à ses habitués et visiteurs deux concerts parmi les plus excitants de cette fin de saison. Il s'agit de la prestation du quartet du saxophoniste Baptiste Horcholle, le 27 juillet et de celle du quintet du bassiste Sébastien Lamine, le 28 juillet.

 

Concert

Baptiste Horcholle est bien connu du public niçois. Cet ancien élève de Jean Marc Bacarini au C.R.R de Nice a écumé les scènes niçoises entre 2014 et 2016 en compagnie de ses condisciples au sein du Greenwwod Sextet. Depuis, il se fait plus rare puisqu'il est désormais étudiant à la New School de New York. Au cours de cette soirée, nous avons donc pu apprécier la consolidation du talent de ce jeune improvisateur (bien) accompagné par un solide trio de musiciens niçois : Kim Nguyen Duc (guitare), Sofian El Mabrouk (basse) et Felix Joveniaux (batterie). Le quartet était renforcé pour un morceau par un autre expatrié, Noé Zagroun (piano), actuellement étudiant au Berklee College Of Music.

Pour l'essentiel du concert, le quartet évoquait un monde urbain grâce à la sonorité froide et métallique de la section rythmique tandis que les interventions du saxophonistes se situaient dans un climat vaguement oriental tempérant le caractère implacable de cette musique. Si le jeu de Baptiste Horcholle a subi une influence à New-York, il ne faut pas la chercher du coté du jazz fusion mais plutôt penser à Warne Marsh dont il a la fluidité sans perdre son intensité. Le meilleur élève de J M Bacarini ne serait donc pas coltranien mais tristanien ! Cette conclusion est sans doute hâtive. Il n'a que 23 ans et, vraisemblablement, n'a pas fini d'évoluer…

Concert

Le quintet réuni par le bassiste niçois Sébastien Lamine est composé de la fine fleur de la scène jazz parisienne : Fabien Mary (trompette), Laurent Marode (piano) remplacé sur deux morceaux par Emilie Calvez, Stéphane Chandelier (batterie) et David Sauzay (sax ténor). En effet, ces musiciens dont l'âge moyen se situe autour de quarante ans ont déjà une longue discographie. Chacun a participé à diverses expériences qui vont la pédagogie à la musique de film en passant par l'accompagnement de chanteurs réputés.

C'est donc pour l'amour du jazz, en dehors des réseaux constitués, qu'ils ont entrepris une mini tournée qui relève tout autant de la virée entre copains que de la tournée traditionnelle.

Le quintet évolue dans un style hard bop en évitant tout passéisme. Si les thèmes qu'ils ont joués appartiennent à l'histoire du jazz, l'interprétation qu'ils en donnent est très contemporaine. Il se confirme que le jazz main stream, à ce niveau d'interprétation, est une musique savante dont l'enjeu est de résoudre un double défi : parvenir à la fois à swinguer et à déjouer tous les difficultés harmoniques et rythmiques qu'avaient élaborés les successeurs de Charlie Parker et consorts.

Nous avons été été séduit par la virtuosité des improvisations du saxophoniste ainsi que par la créativité chatoyante du trompettiste. Quant au jeu de la section rythmique il était particulièrement brillant et donc tout à fait en phase avec la prestation des deux souffleurs.

Selon nous, l'inspiration et virtuosité de cette formation étaient largement au dessus de celles de certains groupes de style analogue présents au Nice Jazz Festival. Elle aurait donc mérité d'accéder à cette scène.

Bernard Boyer