Manuel Ruiz Vida Galerie Depardieu Juillet 

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Loin des codes du brillant, de la couleur vive, des formes abouties et des matières lisses, Manuel Ruiz Vida développe un art de peindre singulier, intimiste et sensible.

 

 

Exposition

Sa matière est épaisse, chargée de poussières, de couleurs froides et plutôt sombres. Il ne la crée pas tout à fait, il laisse agir les poussières qu’il génère par ses travaux, par celles qui traversent son atelier. C’est une matière au travail, asséchée, dépigmentée, vieillissante mais qui possède sa propre vibration.

Il utilise aussi des vieilles palissades rongées par le temps et les activités humaines, mais les propose dans le sens horizontal, l’entre-deux planches comme autant de lignes d’horizon. D’autres vieux bois ou des toiles fatiguées semblent être ses supports favoris.

Sur ces matières usées, il peint des formes en utilisant les aspérités, les textures, les contours, comme dans les peintures rupestres. Ses sujets sont frontaux, fermant la perspective. Ils sont abstraits même si on peut reconnaître des formes : contenants usagés, cuves, poubelles, etc. Il n’y a presque rien à voir : de vieux bâtiments abandonnés depuis longtemps, bordant des rues vides et sales, des conteneurs rouillés, des puits, résidus industriels.

C’est le travail du temps sur la matière à moins que ce soit celui de la matière sur le temps...

AA