Pierre Chandelier

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chandelierPierre Chandelier est ancré dans l’enfance, dans son enfance. Pas cette enfance que les adultes voudraient béate jusqu’à la niaiserie. Non l’enfance à laquelle cet artiste fait référence est la source même de sa peinture, c’est sa fidélité, à ceux qu’il a aimé et qu’il aime, qui anime son désir de peindre. « Qu'importe ma vie ! Je veux seulement qu'elle reste jusqu'au bout fidèle à l'enfant que je fus » disait Bernanos, il y a beaucoup de cela dans la démarche de Pierre Chandelier.

Quand on regarde un tableau de ce peintre on se retrouve chez soi, c’est confortable, chaud y compris dans les couleurs qui invitent au calme (le jaune safrané par exemple). C’est aussi, même si cela peut paraître contradictoire, une peinture qui déclenche d’emblée la bonne humeur, les couleurs y sont très vives, elles sont le résultat de mélanges entre acrylique et pigments jusqu’à obtenir des apparences (et non des tons) pastel. Avant ce travail de la couleur, Pierre Chandelier prépare ses toiles avec une savante mise en place de sa composition réalisée au fusain, chaque objet y trouve sa place, en fin de compte, avec une simplicité remarquable. Quand je dis chaque objet, une multitude d’objets qui ne saturent en rien la toile mais amène le spectateur à y trouver à chaque fois un objet nouveau et un rapport différent entre ceux-ci.

La récurrence des objets est aussi une des propriétés de l’univers de Pierre Chandelier, à chaque fois qu’on y rentre on n’y est jamais tout à fait étranger : le vélo, le piano, les chats, les ours en peluche, les baignoires, les fauteuils confortables, les poissons rouges, saint François « patron des écolos »... C’est l’univers de ce peintre mais c’est aussi le nôtre, du moins on se l’approprie rapidement et on y trouve sa propre symbolique des objets familiers, sa nostalgie personnelle mais sans aucune tristesse d’un passé qui n’est plus. Ce passé est inscrit dans le présent car l’artiste ne veut pas oublier « d’avoir été ».

Le rêve tient une place centrale dans l’œuvre de Pierre Chandelier. Les miroirs ne sont pas là pour refléter une réalité qui se trouverait en face de ceux-ci. Ce rêve ou cette réalité s dans le reflet ma Les œuvres récentes de Pierre Chandelier quittent, un peu, allais je dire (mais pas totalement), les univers intérieurs et nous emmènent dans des espaces de la modernité (TGV A 380, Miss météo…). Le passé et l’instant sont présents sur les mêmes toiles, il n’y a pas de rupture mais certainement beaucoup d’humour dans cette contiguïté entre les époques et leur rencontre dans ce même espace. La signature même de ses tableaux a changé, il n’y a pas longtemps il signait en bas plutôt vers la droite… maintenant vous trouvez son nom dans un grand tag sur le tableau. Ce n’est pas une manière de se mettre en avant, car ce peintre garde sa réserve et sa pudeur, mais une façon d’intégrer une des formes de la modernité et comme il le dit lui-même « c’est d’avantage une reconnaissance de ses contemporains » qu’il fait sienne jusqu’à l’intégrer dans ce qui le désigne en premier aux autres : son nom.

Galerie Geoffroy de La Taille - Art Emoi L'exposition ouverte du lundi au vendredi de 12h à 19h, samedi et dimanche de 14h à 19h. Nocturne tous les jeudi de 12h à 22h.

 

Exposition Pierre Chandelier
3 décembre 2009 au 7 janvier 2010