THEATRE TOURSKY 22E FESTIVAL RUSSE : Vendredi 10 – SAMEDI 25 MARS 2017

PDFImprimerEnvoyer

Ce n’est pas le mistral mais le vent de la fraternité qui soufflera sur le théâtre Toursky. Le festival russe s’y installe ; trois troupes d’exception dont les clowns du Licedei les 10 et 11 mars ou le célèbre ballet Igor Mosseiev les 24 et 25 mars, feux d’artifices et talents rares, spectacles flamboyants et uniques, font de ce théâtre une « isba » chaleureuse, joyeuse, trépidante. Ils sont ici chez eux, les saltimbanques de tout pays, les artistes slaves. Depuis la création de ce festival, plus de 12 000 artistes et 150 000 spectateurs s’y sont croisés. Ce festival couvrant toutes les disciplines artistiques de la culture russe en fait un événement unique sur le plan hexagonal et l’un des plus importants sur le plan européen .

Richard Martin, accompagné lors de la conférence de presse du consul général de Russie, monsieur Sergey Molchanov, partenaire principal de ce festival, insiste : « Je veux pointer le côté symbolique de cette union ; il nous faut défendre la fraternité en mobilisant ceux qui devraient être en 1ere ligne pour ce festival, les institutions de cette ville, de ce pays… Il est urgent de tenir bon, de poursuivre et cimenter nos relations d’amitié forte qui portent la mémoire de l’intelligence des autres en la partageant… Il faut souffler sur ce festival pour éviter les barbaries, respirer cette intelligence-là et l’exposer aux autres. Marre de ces gens qui l’étouffent !expliquer ce qu’est vraiment cette rencontre d’humains et de cultures différents qui deviennent des frangins inconsolables de ne plus se voir. Marseille, où toutes les identités se mélangent, la France entière devrait parler de ce 22e festival : c’est la mémoire de l’intelligence de ce peuple. »

Richard Martin, directeur du théâtre a dédié cette édition à son ami disparu en 2015, trop tôt, « à celui par qui ce festival existe » : Sergey Artsibachev, acteur, metteur en scène, directeur artistique fondateur du théâtre national Pokrovka. Alors que la troupe théâtrale de Sergey joue au Caire, Richard assiste à la représentation, subjugué. La route est tracée… Sa dernière mise en scène sera proposée les 17 et 18 mars avec sa troupe théâtrale de la Prokovka à Moscou. On découvrira son adaptation du dragon d’Eugeny Schwartz.

Richard Martin rend également hommage à Tania Sourseva, grande actrice décédée il y a peu, fondatrice avec lui du théâtre Toursky.

Festival

Les grandes réalisations sont l’ouvrage de la passion et de la volonté des hommes. Ce festival en témoigne. On y côtoie les plus éminents artistes russes, courus dans le monde entier, les œuvres les plus remarquables. « L’échange est là, dans le sourire d’un regard, la chaleur d’une voix. Je ne connais pas ta langue maternelle mais je te comprends. Et tout-à-coup, comme par magie, nul besoin de savoir les mots ; tout devient clair. Ces gens-là nous entraînent dans leur folie, nous transportent dans leur monde, parlent au cœur ; la traduction en deviendrait presque superflus » selon Richard Martin.

Ceux qui ont eu la chance de voir « La cabale des dévots », joué conjointement, à Marseille et à Moscou, par les compagnies de Richard Martin, et celle de Serghei Artsibachev, dans leurs langues respectives, comprendront ; une œuvre puissante, de bout en bout, une troupe, microcosme d’humanité, s’interpellant, se mélangeant, universalité de la tolérance.

Ce théâtre Toursky est un lieu de culture unique à Marseille, mais un lieu à part qui n’existe nulle part ailleurs. Ce festival russe est un cadeau qu’il ne faut pas risquer de perdre, une respiration dans le temps, une parenthèse de bonheur absolu. Autour du théâtre, de la musique avec un récital exceptionnel du pianiste Lovro Pogorelich autour des tableaux d’une exposition de le 14 mars, de la danse et du cinéma, c’est un peu toutes les facettes de l’âme slave qui nous seront offertes.

De véritables chefs d’œuvres du cinéma russe grâce au partenariat de Gosfilmofond, six films pour la plupart inédit en présence de personnalités et de toute la délégation russe seront présentés les 21, 22, 23 mars. On pourra voir parmi cette sélection le dernier film de Nikita Mikhalkov ou le magnifique film d’Alexandre Sokourov Francofonia ainsi que deux films de Stanislav Govoroukhine, un des grands cinéastes de son temps pourtant méconnu en France. Ce qui caractérise le cinéma russe, c’est cette pureté de style qui donne aux histoires les plus simples l’essentiel dans chaque plan, agrandi par une sorte de poésie de l’émotion. Cette année, après les représentations au Toursky, le volet cinéma se décentralise à Gardanne, « cinéma les trois casinos », le 28 mars.

Festival

Pour être complet on se rendra à la conférence sur la Russie de Gérard Conio le 24 mars dans le cadre des universités populaires du Toursky.

Pour prolonger le plaisir, et se fondre dans la culture et l’âme russe on ne manquera pas les sept soirées cabaret: chants, danses, et repas russes, après chaque représentation, l’amitié en partage. On retrouvera en autres la troupe Koliada pour ses soirées festives et inoubliables à l’Espace Léo Ferré.

Richard Martin remercie tous ceux, et notamment les associations russes, qui lui permettent de continuer ce festival : « C’est grâce à eux que je trouve l’énergie de poursuivre ! »

La programmation cette année encore est exceptionnelle. Spassiba !

Danielle Dufour-Verna


Le programme est à consulter sur :www. toursky.fr

Blue canari par le Licedei : https://www.youtube.com/watch?v=PWEnpAAd24I

Lovro Pogorelich dans un extrait des tableaux d’une exposition : https://www.youtube.com/watch?v=QvGOaGudAJk