Pour un activisme culturel !

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Artistes de toutes disciplines, amateurs d'art et de culture, sortez de votre bulle, agissez :

Allez aux concerts, dans les galeries, au musée, dans les expositions, à l'opéra, participez aux conférences culturelles, aux débats de société, lisez, soutenez activement les acteurs culturels...

 

Il en va de la défense de notre civilisation.

Ce qui nous arrive est la conséquence d'un manque général de connaissance, donc d'éducation.. S'indigner ne suffit plus.

Danger pour la démocratie ! Partout dans le monde nous assistons au recul de la liberté d'expression, base de toute démocratie, à la montée d'un populisme triomphant, à la prise de pouvoir par des moyens « démocratiques » de dirigeants qui, une fois élus, bafouent sans complexe les principes démocratiques, laborieusement et chèrement acquis au cous de l'histoire. Les tragédies du XX° siècle, pourtant souvent issues de ce même processus semblent totalement oubliées. La démocratie est désormais remise en cause ou ouvertement combattue dans nombre de pays : Russie, Turquie, Pologne, Hongrie, Chine, etc...

La récente élection de Donald Trump aux États-Unis illustre jusqu'à la caricature cette inquiétante dérive et prouve qu'aucun pays démocratique n'est à l'abri... Les partis extrémistes fleurissent dans la plupart de nos pays, jusqu'en Allemagne, pourtant longtemps réfractaires à l'extrême droite. Ils sont en embuscade et, nous le savons maintenant, capables d'arriver au pouvoir comme par exemple en Autriche au Pays Bas et en France...

Nos démocraties, affaiblies par des forces économiques de plus en plus puissantes, par le terrorisme principalement islamique, sont profondément divisées et le consensus nécessaire à une bonne gouvernance semble de plus en plus difficile voire impossible à atteindre. En France, nous attendons tout d'un « monarque républicain » et nous sommes toujours forcément déçus.

Le numérique et les réseaux sociaux ne sont pas pour rien dans cette évolution. Ils contestent les médias traditionnels qui malgré tout, filtrent les idées les plus dangereuses. Nous assistons à un rejet massif des processus politiques issus d'une époque révolue et nombre de nos concitoyens aspirent à un pouvoir vertical fort. Mais sur les réseaux sociaux, cette suggestion verticale est dissimulée, cachée...

Le Brexit en Grande Bretagne, l'élection de Trump aux USA sont des signes inquiétants de la puissance destructrice des nationalismes prônés par ces dirigeants. Or l'histoire nous rappelle les dangers que font courir les nationalismes, source de tant de guerres du passé.

La protestation ne suffit plus. La social démocratie est à bout de souffle. Gardons nous de l'illusion de « la voix du peuple » tant la notion de peuple est une abstraction. La remise en cause du « système » est aussi un leurre. Tous les prétendants au pouvoir sont bel et bien dans le système. Comment pourrait-il en être autrement ?

Pour préserver notre liberté d'expression l'Europe doit s'organiser sérieusement face au reste du monde. En France, pour les partis dits de gouvernement, à droite, les deux tendances historiques orléanistes et bonapartistes se sont plus ou moins provisoirement réconciliées. A gauche, la schizophrénie entre gauche de gouvernement et celle qui refuse l'exercice du pouvoir empêche pour l'instant tout espoir de retour.

L'Europe apparaît comme la seule réponse protectrice contre la puissance destructrice des nationalismes.

« On ne dîne pas avec le diable, même avec une longue cuillère  » Cela dit pour le rapprochement avec Poutine souhaité par Fillon et par d'autres en France à droite et à gauche. Les européens s'y sont certainement mal pris avec lui mais il ne fait pas renverser les responsabilités. Sans parler de la guerre en Tchétchénie, depuis son retour au pouvoir son attitude hostile n’a cessé de s’affirmer : En Géorgie, en Crimée, en Ukraine avec l'envoi de ses « petits hommes verts » sans uniforme et pourtant bien russes ; ses multiples provocations militaires dans l’espace aérien et maritimes de l’OTAN, ses tentatives de déstabilisation de l’Europe, son soutien aux partis europhobes dont le FN, son entrée en force en Syrie après qu’Obama ait refusé d’intervenir contre l’emploi des armes chimiques, son intervention plus que probable dans la campagne présidentielle américaine avec la diffusion des E-mails d’Hillary, etc. J’en oublie certainement…

Lui parler, certes, c’est le rôle des diplomates de discuter avec nos ennemis, ce qu'il s'est employé à être. Mais pour le reste, restons fermes et à bonne distance... L’Europe doit craindre par dessus-tout qu’un rapprochement Trump / Poutine ne se traduise par un partage du monde entre eux…

A ce sujet, l’Europe de 500 millions d’habitants ne peut plus compter pour sa défense sur le parapluie de 300 millions d’américains. Il va bien falloir que nous nous prenions en charge collectivement….

Réagissons ! Il y a urgence !

Christian Depardieu