RUN RUN RUN

PDFImprimerEnvoyer

A l’occasion des vingt ans de la Station de Nice, ce sont 120 artistes regroupés autour de 22 collectifs qui se sont réunis à la villa Arson, artistes venants de tous les horizons régionaux, français, européens et même du Japon.

 

Cette exposition est un très bel hommage donné par la villa Arson à la Station. L’ancien site des abattoirs est devenu en une vingtaine d’années un pôle majeur culturel. La villa Arson, outre sa vocation formatrice, est également un échelon entre les jeunes artistes diplômés et les décideurs du marché artistique (galeristes, marchands, critiques…) Cette première rencontre, première fois toujours émouvante est pour l’artiste un formidable tremplin pour se faire connaître. Les œuvres exposées sont pour la plupart audacieuses, voire surprenantes. Mais c’est bien là le but poursuivi par la villa Arson. Le visiteur ira de surprises en surprises, rien ne peut se deviner à l’avance et la métaphore est toujours présente. Une exposition plus qu’éclectique, un mélange des genres : un camping-car œuvre d’art à lui seul et écrin d’autres réalisations artistique ; un long rideau noir dansant aux caprices du vent et laissant deviner un escalier caché. La banqueroute, image très actuelle d’une société capitaliste en pleine faillite ; les œuvres noires, vision pessimiste ou manichéenne ? Laissons le public en juger. On passe de l’autre côté du miroir, en fait on ne cesse de le faire, réalisme ou abstraction, rêve ou réalité, ces artistes nous donnent des clés pour les comprendre et cette vague qui s’échoue sur le sable est très symbolique du caractère vain de l’orgueil humain. On n’est pas très loin de l’ecclésiaste avec ses seaux qui se remplissent et se vident en boucle, éternel recommencement ou plutôt ineptie de l’action d’un mouvement inutile ? Existentialisme ou néo réalisme ? Toute une philosophie, une sagesse à travers ces œuvres pourtant simples, sans réelle créativité, un art brut, a-t-on entendu, brut dans son caractère naturel. Le Japon joue sur le sens des mots, Palais de Paris, parier, la ville lumière, le palais où s’exprime la grandeur. Les mythologies ne sont pas oubliées avec ces jeunes allemands ayant squatté à Vence une villa pour s’y marier selon un rite aztèque ! Le carrousel tournant, pardon pour ce pléonasme, trois scènes, trois artistes, monstres des marais, l’adolescence lentement laisse la place à l’adulte. La vie se poursuit et bientôt faudra se réfugier dans la cage de survie. La maison sur la terrasse, œuvre d’artistes italiens voisins venant de Dolce Aqua est la conclusion de cette exposition. Ils étudient à travers une maquette l’organisation de l’espace dans son utilisation optimale. On n’est pas très loin du Corbusier et de sa maison du fada. Cette exposition de la villa Arson est conçue comme une pièce de théâtre où le public et les acteurs se déplaceraient au gré des scènes et des actes dans l’espace en trois dimensions de la villa Arson. Une pièce : Run, Run, Run ; que vous pourrez voir jusqu’au 30 décembre 2016.


T Jan


RENSEIGNEMENTS

www.villa-arson.org

Visite tous les jours sauf le mardi

20 avenue Stephen Liégeard 06100 Nice