Éric Andreatta CACO3

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Avec le blanc d'Espagne, Éric Andreatta a trouvé un matériau singulier pour explorer différents univers. Cette craie blanche, minérale, se présente sous forme d’une poudre. Plus précisément, il s’agit d’une poudre de calcaire (CaCO3) au grain très fin, formé par diagénèse (phénomène géologique d’enfouissement sedimentaire) dans des mers chaudes et peu profondes. La craie a donné son nom au Crétacé (de creta : craie), une période géologique (entre 145 et 66 millions d'années) qui a vu s’étaler sur son ère un des plus grands bouleversement de notre Terre (l'impact d'une météorite géante aurait déclenché une intense activité volcanique entraînant la disparition des dinosaures, de 3/4 des formes terrestres de vie, et fracturé le supercontinent Pangée pour former les continents actuels).

 

 

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Si Yves Klein a cherché sa couleur dans le bleu qui est un composite, Andréatta travaille avec le blanc d'Espagne, un pigment pur, homogène, si fin qu'il semble fondre dans la main, et laisse une trace visible et palpable quand on l'additionne à l’eau.

Déposé en un geste rapide d'un coup d'éponge sur une plaque de verre, il révèle en séchant des formes inattendues, des zones, des reliefs, des traces.

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L'artiste travaille en aveugle, il ne voit pas ce qu'il fait avant que l'eau ne s'évapore. Le motif apparaît progressivement comme la révélation d’une photo en chambre noire (Andréatta dans ses jeunes années a travaillé dans un magasin photo, il a fait des milliers de tirages de planches contact et de photos).

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Le support de verre permet aussi à l'artiste de projeter ses créations en des sortes de diapositives géantes qu'il projette sur de grandes surfaces avec un projecteur original qu'il a dû mettre au point.

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Les traces blanches arrêtant partiellement la lumière laissent aussi apparaître des noirs profonds et différentes textures : végétales, minérales, biologiques, aqueuses, etc. On y reconnaît des plages, des forêts, des falaises, des foules ou des univers inconnus, improbables, fantastiques.

Le résultat fait penser à de la gravure (les surfaces sont comme incisées), à un travail sur la matière (la surface n'est pas lisse, elle présente des aspérités, des épaisseurs), à de la peinture (pour le geste de la main et de l'outil) et aussi au processus photographique (pour la révélation et la projection).

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Les espaces créés sont offerts à l'interprétation de chacun. On peut y lire l'infinité des mondes. Ils prêtent au voyage, à la rêverie fantastique.

AA