Sérénades

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"Une sérénade est toujours mise en œuvre par un homme. C'est l'homme qui conquiert la femme, ou cherche à le faire. Je souhaite réinventer l'exercice de sérénade, de la déclaration d'amour, en donnant la parole et la voix à une femme." C'est Ninon Brétécher qui s'exprime ainsi et qui a choisi les divins écrits d'Arnaud Catherine pour son projet.

 

Restait à trouver la femme qui donnerait son corps et sa voix à cette sérénade. Stéphane Ricordel, co-directeur du Théâtre Monfort à Paris, a la bonne idée de lui souffler le nom de la comédienne Anna Mouglalis. La metteur en scène ne pouvait rêver plus joli corps et plus troublante voix pour chanter ce mal d'amour. En effet, c'est le "despecho" (dépit en espagnol), le mal d'amour colombien qui a inspiré Ninon Brétécher pour cette nouvelle aventure. Un chagrin d'amour y est assimilé à une maladie et peut justifier un arrêt de travail. En voie de guérison les "malades" font appel à des musiciens pour jouer la sérénade à l'objet de tous leurs sentiments.

Spectacle

 

MAUX D'AMOUR EN MUSIQUE

Sur la scène du TNN Vincent Artaud attend avec sa guitare au pied d'un arbre, un tapis de feuilles recouvre le plateau, la lumière est diffuse et une légère brume enveloppe cette scène. Noir. Lumière. Anna Mouglalis est au milieu du plateau, longue silhouette fine toute de noir vêtue. Elle hésite, fait des tours, des détours, se donne du courage et finalement se jette à l'eau (littéralement dans les feuilles). Elle est tendue dans un seul but, déclarer sa flamme à cet inconnu croisé il y a une semaine devant le numéro 14. En bas devant sa fenêtre, elle ouvre son cœur et chante tout a tour envoûtante, caressante, révoltée. Elle est le pendant féminin de Roméo éperdu d'amour devant le balcon de sa Juliette. Mais à la différence de l'amant de Vérone elle n'a qu’un acte pour séduire cet homme qui occupe toutes ses pensées et bouleverse ses sens. Elle le veut alors elle le mets à l'honneur. Sans aucune prudence. Elle vient vers lui, en quête d'acceptation, attends une réponse dans un premier temps puis la réclame à corps et à cris. Elle est vaillante, sait ce qu'elle fait, ce qu'elle veut. Elle l'a croisé, suivi, aime les rendez-vous et celui-ci, elle l'appelle de tous ses sentiments naissants. "Mon amour." Sur le fil elle romance, sur le fil tout commence. C'est un coup de foudre, elle est brûlée vive par l'amour. En arrivant elle craignait une réponse, le temps passant elle redoute le vide. Elle a peur du silence, seul réponse à sa prose magnifique et éperdue. Mais elle croit aussi l'aimer, cette voix qui se fait tant désirer. Elle peut tout endurer, mais le silence, elle ne l'entends pas. "Qu'est-ce que tu risques ?"


Carine Filloux

"Sérénades" - du 19 au 21 mai 2016 au Théâtre National de Nice - http://www.tnn.fr/fr/spectacles/saison-2015-2016/serenades