A Menton plein feu sur L’UMAM

PDFImprimerEnvoyer

Imaginez les jardins mentonnais aux senteurs généreuses à la magnificence méditerranéenne, ponctués de sculptures d’Hollebeck, Stephano Bombardieri, Mauro Corda… une sélection d’une trentaine d’œuvres d’artistes mises en scène dans les jardins Bioves, et puis face au musée Cocteau et son esplanade et aussi dans le magnifique parc du Palais Carnolès ! Et en parallèle une exposition de trente-cinq artistes contemporains au Musée des Beaux-Arts. C’est ce que vous allez découvrir début Juin avec la deuxième exposition de L’UMAM qui continue de fêter ses soixante-dix ans.

 

Simone Dibo-Cohen présidente de l’UMAM a renoué les liens d’autrefois avec Menton pour célébrer l’anniversaire de cette association créée par Jean Cassarini dont Matisse et Bonnard étaient les parrains. Menton qui a accueilli les biennales d’art moderne de L’UMAM dédiées successivement à Dufy, Rouault, Matisse, Villon, Braque, Picasso, Chagall, Dali, Sutherland, Picasso, Delvaux… depuis 1950, 60, 70 jusque 1980… *

Cette célèbre association « l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne » a aidé beaucoup d’artistes à l’époque et fait évoluer l’Art Moderne. A Nice d’abord en 1950 avec l’ouverture d’un musée d’art moderne aux Ponchettes devenu ensuite MAMAC puis à Cagnes en 1953 à l’appel du maire de Cagnes où elle a constitué un musée d’art méditerranéen moderne au Château Grimaldi tout en organisant d’autres expositions à Menton, Paris, Strasbourg.

Simone Dibo-Cohen depuis 2007 a repris le flambeau de l’UMAM qui allait s’éteindre, à la demande de Thierry Martin alors directeur de la Culture de Nice. Une présidente marque de sa personnalité son mandat. Riche de son expérience de 25 ans de direction de la galerie ART 7 à Nice, Simone-Dibo-Cohen a fait évoluer l’association en l’ouvrant à la création contemporaine sous tous ses aspects. A choisi d’élargir la participation des artistes méditerranéens à ceux de tout le bassin méditerranéen tout en continuant la mission d’aider la création émergente. Ainsi on a pu découvrir des artistes du Liban, d’Algérie, d’Israël et de Palestine au cours de ses expositions et à sa dernière biennale en 2014 à Cagnes. On ne s’étonnera donc pas que cette commémoration ait commencé avec des expositions au Liban, à Marseille, Paris, pour atteindre son apothéose à Menton avec trois interventions de grande envergure. La première exposition a lieu actuellement au Palais de l’Europe, une autre va commencer dans les jardins et au musée des Beaux- Arts et une troisième à l’automne à nouveau au Palais de l’Europe.

Brigitte Chéry

*UMAM (Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne) a créé de 1950 à 1980 à Menton 13 Biennales

 

 

Entretien

Rencontre avec Simone Dibo-Cohen, présidente de l’UMAM et commissaire des expositions

B.C : Simone, pour cet anniversaire de la fondation de l’UMAM, vous annoncez 70 ans 70 artistes, c’est une grande entreprise ?

Finalement il y en a plus de 70 ! Je crois que j’ai un ordinateur dans le cerveau en ce qui concerne les artistes et les œuvres d’art, je pense à l’un puis à un autre et j’en rajoute ! c’est une passion ! Au Musée des Beaux-Arts trois artistes étaient prévus, il y en a 35, il y aura des dessins, des installations et des sculptures dès le 4 juin. C’est la première fois qu’il se passe un tel événement à Menton avec des sculpteurs de telle qualité. On attend sur le Parvis du Musée Cocteau la fameuse Baleine échouée de Bombardieri de vingt mètres de long tirée par une petite fille en bronze, ce sera le clou de notre exposition. Pour l’exposition j’ai choisi les œuvres, elles se correspondent, il y a un discours, on comprend.

Etre commissaire d’exposition d’une telle manifestation avec autant d’artistes, c’est une lourde charge, comment travaillez- vous ?

C’est en effet beaucoup de travail, j’ai déjà mis en scène les sculptures extérieures sur plan et à l’intérieur du musée trois salles sont calculées, pour le reste il faudra jongler en final, faire en trois jours ce que d’autres font en quinze jours. La mise en scène c’est le plus important, il y a une part de surprise, mais c’est le plus valorisant, j’ai toujours aimé cela. Je sais au départ où je vais mettre les œuvres approximativement et puis cela peut changer mais c’est ce qui m’excite. Cela vient du théâtre, j’ai une passion pour le théâtre, jeune c’est ce qui me faisait le plus vibrer, j’ai monté des pièces, j’aimais choisir un artiste ou un autre pour un rôle, selon sa voix, son intonation…j’ai gardé cette passion et si j’ai choisi par exemple un nain de jardin géant de Mauro Corda et pas une autre œuvre c’est par ce qu’il correspond à l’idée que je développe.

Qu’est ce qui est prévu pour la troisième exposition ?

Retour au Palais de l’Europe avec la bibliothèque à côté. Beaucoup de photos, l’UMAM a vocation de présenter des artistes en devenir, il y a des peintres, des noms connus comme dans la première exposition, Franta, Eppelé…qui vont donner le ton pour soutenir la jeune création, leur donner un petit coup de pouce. L’exposition aura des petits passages secrets pour présenter beaucoup d’artistes, pour que l’on circule et visite comme un salon. Ce sera plus difficile à mettre en scène que l’exposition actuelle.

Certains artistes qui s’attendaient à une rétrospective de l’UMAM sont déçus de ne pas y participer ?

Non ce n’est pas une rétrospective, elle viendra avec tous les dons faits par les artistes à l’UMAM. Maintenant il s’agit de faire quelque chose d’extraordinaire, c’est une commémoration des soixante- dix ans. Il y a des millions d’artistes, il faut leur donner leur chance, pour cela travailler main dans la main. Il faut me parler, m’aider, faire quelque chose, ne pas attendre la dernière minute pour me proposer une œuvre, que chacun fasse un travail, au lieu de me critiquer. Je veux redonner son lustre à l’UMAM, montrer sa vitalité, j’y travaille et j’ai besoin d’aide de partenaires.

Et après Menton ?

Nous restons à Menton. En 2017 nous avons deux expositions prévues pour deux artistes, l’une pour le prix Matisse, l’artiste sera choisi par quelques membres de l’UMAM et l’autre pour le Prix de la ville de Menton décidé par la Mairie, et en parallèle une exposition des dons des artistes à l’UMAM à Menton, ce qui donnera une très belle salle, et d’autres projets dont on parlera plus tard.

A quels endroits se célèbrera encore l’anniversaire de la fondation de l’UMAM ?

Au Musée des Arts Asiatiques, à Aspremont, à la galerie Depardieu, en octobre à nouveau à Menton et se terminera à Villefranche-sur-Mer.

Propos recueillis par Brigitte Chéry mai 2016