Alocco « Visites express » 3 ( avril 2016)

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Galerie Espace Liberté, le nom inspire la sympathie. « Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre ? Nous sommes loin, Jeanne… » L’espace existe, avantage d’être loin, mais loin de qui ? … Après tout, proche pour ceux qui habitent la Drôme. Pour la Liberté, c’est plus compliqué. Faudrait contourner les lois de la pesanteur, certains comme Blaise, moments de grâce parfois y parviennent, mais…

 

 

Exposition

Qui ne tente rien n’a rien, alors pourquoi pas à Crest ? L’un, Jean-Pierre Vieville présente des peintures abstraites faites de lignes, qui seraient une recherche d’équilibre. L’autre, Denis Guelpa propose des sculptures, cailloux « maraudés », grès, calcaire ou basalte, autres équilibres à trouver dans la matière. Bonne chance aux équilibristes. (Du 1er au30 avril 2016, 5 Rue des Alpes 26400 Crest (Drôme) 06 84 61 10 85)

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livre

Du dixième siècle avec Murasaki Shikibu, – dont le Roman de Genji tient la place qu’aurait pour nous l’impossible addition de « La Chanson de Roland », de La « Princesse de Clèves » et de « La Recherche du temps perdu »,– jusqu’à nos jours, la littérature japonaise est fertile. « Mon éventail japonais » par Diane de Margerie (édit. Philippe Rey), enjambe comme l’indique le titre dix siècles en deux cents pages, donne le ton avec le théâtre Nô ou la solitude des « moines en Asie », et amorce les appétits en signalant les œuvres les plus marquantes des temps modernes. Une littérature assez déroutante pour nos visions plutôt cartésiennes. Comme pour le mont Fuji, une brume souvent enveloppe le texte tandis que le tragique, la douleur, la cruauté imprègnent les récits. Pour ceux qui ont lu quelques unes des œuvres de Kawabata, Ôé, Mishima, Sôseki, Tanizaki, ce pourrait être l’occasion de mettre un peu d’ordre, si c’est possible, dans la confusion des impressions ; pour les non initiés, ce survol serait une introduction utile à des lectures déroutantes.

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Exposition

Une formation dans une école d’arts appliqués laisse toujours des traces. Après avoir pratiqué la reliure, Florence Boré a transposé ses savoir-faire dans une démarche de plasticienne. Les matériaux qu’elle utilisait dans la reliure (papier, bois, verre, tissu, rhodoïd et cuir) deviennent maintenant par inclusions des constituants du tableau. Les aplats de peinture unifient une surface tourmentée pour obtenir des abstractions sur lesquelles le regard se fait tactile aux contacts des matières. Contrairement aux violences que provoquent en général l’emploi de matériaux divers, on remarquera un goût particulier pour de délicats traitements tendant à des camaïeux à peine contrariés par des noirs ou de bruns submergés. (Galerie 102, 102 rue du Cherche-midi, 75006 Paris).

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Exposition

Comme un Morandi qui aurait été fortement perturbé. Les objets sont posés à rompre discrètement la surface, tout proche de s’y fondre dans une confusion de couleurs tourmentées, prêts à s’engloutir dans une abstraction de bruns terreux. Claudio Missagia détruit de plus en plus ses modèles-prétextes pour mettre en évidence des traces de pinceau. Il évolue vers une surface mouvante qui, franchis les derniers remparts, ne sera peut-être bientôt plus qu’image de surface. (Jusqu’au 11 juin 2016 Beddington Fine Art, Les Remparts, 83830 Bargemon, Var, Provence, France)


Marcel ALOCCO