21ème FESTIVAL RUSSE « L’ELEPHANT D’OR »

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Organisé au théâtre Toursky Marseille, le Festival Russe en est à sa 21ème édition, malgré des difficultés croissantes économiques conjoncturelles & géopolitiques, les événements dramatiques 2015 qui ont lourdement affectés le monde de la culture en plein cœur de notre capitale... Son directeur & fondateur, Richard Martin, subit, plie, mais ne rompt pas...

 

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Quelle chance d’avoir autant d’amis venus de toute la Russie.

Résister aujourd’hui c’est aussi ne rien lâcher de cette fraternité tissée année après année, festival après festival, avec les artistes venus de l’Est ou de n’importe où dans le monde.

Quelles que soient les pressions conjoncturellement exercées par les politiques du moment, il est urgent de tenir bon, de poursuivre et cimenter nos relations d’amitié forte qui portent la mémoire de l’intelligence des autres en la partageant.

Cessons de faire semblant de ne pas comprendre que, au seuil des catastrophes annoncées, il est plus que jamais évident que les portes de secours ne s’ouvriront que sur nos échanges, nos rencontres, nos rassemblements artistiques, leurs poétiques créations et leurs visionnaires imaginations.

Seul un souffle d’intelligence sensible nous offrira les solutions d’humanité pour sortir de la boue nos républiques...Richard Martin.

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Ce 21ème Festival (du 11 au 26mars 2016) est dédié à son ami et complice de toujours l’acteur Sergueï Artsibachev, décédé en 2015.

Une rencontre fusionnelle au Caire avec Richard Martin qui était venu assister à la délibération du jury d’un festival expérimental, au milieu des années 90...qui avait abouti à la création de ce projet, soutenu et financé par le ministère de la culture Russe à ce jour.. Une très belle histoire. Un hommage lui est consacré le 26 mars 2016 avec la projection d’un des plus beaux films d’Eldar Riazanov « Romance cruelle »

Avec le Théâtre, la Musique, le Cinéma, le Cabaret Russe à l’espace « Léo Ferré » ; la langue de Tchékhov est toujours à l’honneur dans le quartier de la Belle de Mai, en plein cœur de Marseille.

C’est son second ami et complice, le Génial metteur en scène, Alexandre Slavoutski, « un pilier » qui sur deux soirées consécutives, ouvre ce Festival avec « l’Eléphant d’or » D’Aleksandr Kopkov.

Deux « Icônes » qui se côtoient depuis plus de dix ans. qui ne parlent ni la langue Slave pour l’un, de Molière pour l’autre, ils se comprennent avec l'art.

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« L’ELEPHANT D’OR »

Un conte philosophique empreint d’amertume et de tendresse. Un retour en force du Théâtre de Kazan. Une comédie de 2h50 avec un sur-titrage en français, suivi d’une soirée Cabaret Russe... Gourian Motchalkine, paysan d’un kolkhoz, trouve au fond d’un puits un petit éléphant en or aux yeux de diamant. Il vaut, lui dit-on, un million de roubles. Aspirant à réaliser ses rêves « capitalistes », il n’a pas d’autre choix que de s’envoler en ballon dirigeable au départ pour l’Amérique, puis vers Jupiter (raison de crise !!!). Mais le ballon crève. Le paysan retombe avec son rêve dans une porcherie voisine !!!!

Publiée en 1932, L’Éléphant d’or, d’Aleksandr Koplov, une fresque sur la roublardise et les misères de la Russie, pourrait être lue comme la tentative avortée de s’affranchir des pesanteurs de l’idéologie communiste.

Rappelons que la pièce fut censurée pour calomnie antisoviétique. Mais, plutôt que de camper le drame populaire dans la Russie des années 30, le metteur en scène, Alexandre Slavoutski, prend le parti de l’intemporalité, transformant l’anecdote en une subtile parabole de la condition humaine.

Rien ne nous a été épargné : personnages grotesques, cupides, émouvants, généreux, rêvant d’un monde meilleur …Tout tourne autour de la Joie, Fraternité et du Partage, manque la Richesse !!!

À travers les acteurs talentueux du théâtre de Kazan c’est nous que nous voyons. Du très très grand théâtre que nous a proposé « Alexandre Slavoutski »

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Le Rideau se lève…

Sur un fond de nuit étoilée, nous découvrons l’univers d’un Kolkhoz. Un joli décor s’ouvre à nos yeux. Un décor « Ô combien » bien imaginé, sobre, écologique, très représentatif du monde paysan. C’est la demeure de la famille de Gourian Motchalkine. La récolte bat son plein, c’est la moisson ; tout au long du spectacle nous sommes bercés par les chants populaires animés magistralement par la troupe. Une pièce éblouissante de « Haute Facture » pleine d’humour, de chaleur où décors, musiques, chants, danses et costumes ont été travaillés à la « Perfection » pour recréer l’ambiance du kolkhoz des années 30. Un sur-titrage en français très visible et bien traduit.

C’est la « Botte Secrète » d’Alexandre Slavoutski, petit par la taille, grand par le Talent.

Il faut préciser que tous les décors viennent de Kazan, acheminés par camion.

Marseille/Kazan près de 3400 kms...Du 100% russe avec les comédiens. Une performance.

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En seconde levée de Rideau

C’est la prouesse technique du décor !!! Un Ballon dirigeable au dessus de la cheminée. Gourian avant de monter dans la nacelle, attend impatiemment les dernières instructions de l’un de ses fils (l’intellectuel qui sait tout et rien...du moins !!!) qui calcule les données et la durée de son voyage vers Jupiter !!!! Sa fille est assise sur le coffre renfermant le petit éléphant en or aux yeux de diamant, afin qu’il ne soit pas volé. Une vieille fille laide, pas gâtée par la nature et que personne ne veut épouser ; mais que son père avait promis de la rendre belle par la chirurgie esthétique et enfin de lui acheter des bottes qu’elle rêve tant !!! Son épouse au soufflet pour insuffler la fumée qui se dégage de la cheminée dans le ballon. Au cordage le deuxième fils, deux femmes du Kolkhoz, ainsi que le «Pop» avec sa longue barbe rousse de père noël, son bonnet, vêtu d’une robe noire. Les cordages lâchés, le ballon dirigeable disparaît avec Gourian et son fameux trésor pour deux années. Mais son voyage fût de courte durée. Remis de sa chute, c’est un autre rêve qui l’envoûte, mais plus terre à terre...

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LE PUBLIC

Conquis et transporté lui aussi dans cette histoire. En interaction avec les comédiens, reprenant les refrains des chants populaires en tapant des mains ; c’était la fête, il faisait partie du Kolkhoz !!!! Il est vrai qu’en majorité, c’était des ressortissants Russes venus de toute la région. Une belle Ovation.


Pierre ROTOLO


« L’éléphant d’or » d’Aleksandr Kopkov

Adaptation et mise en scène : Alexandre Slavoutski (Création 2014)

Scénographie : Aleksandr Patrakov

Costumes : Elena Tchetvertkova Chorégraphie : Sergueï Sentiabov Musique : Ilia Slavoutski

Théâtre Académique dramatique d’état russe de Kazan

Avec : Mikhaïl Galitskine, Svetlana Romanova, Slaviana Kochtcheeva, Maksim Koudriachov, Anton Katchalov, Marat Goloubev, Iouri Dmitriev, Ilia Petrov, Elena Riachina, Alekseï Zakharov, Elza Fardeeva, Alaksandr Malinine, Viktor Chertakov

Précédentes représentations : Les Fourberies de Scapin, les Œufs fatidiques, La Dame de Pique, Le violon sur le toit, Gloumov en 2012 ; La Ceriseraie et Le rêve de l’Oncle en 2015 (parutions Performarts)




Cabaret Russe :

La soirée s’est prolongée à l’Espace Léo-Ferré, cher à Richard Martin ; avec la particularité que c’était les musiciens de la troupe du théâtre de Kazan qui animaient le Cabaret, dont Alexandre Slavoutski est leur Directeur.


Cinéma :

La semaine du cinéma est préparée par le Fond d’état des films de la Russie « Gosfilmofond » représenté par son directeur général, Nicolaïs Borodactchev. Ce Festival Russe est rendu possible grâce au soutien et à la complicité du Ministère de la Culture Russe, de la confédération des Cinéastes, du Studio d’état Russe Mosfilm et du Fond d’état des films de la Russie.

Cette année, huit films en version originale sous-titrée seront projetés entre le 23 et le 26 mars 2016, notamment : Le Fascisme ordinaire de Mikhaël Romm (1965), Poddoubny de Gleb Orlov (2012), Les gentilshommes de la chance d’Aleksandr Sery (1971), Le quarante et unième de Grégori Tchoukhrai (1956), Les tsiganes montent au ciel d’Emile Loteanu (1976), La bataille de Russie de Franck Capra (1943), Romance cruelle d’Elgar Riazanov (1984), L’homme du boulevard des Capucines d’Alla Sourikova (1987).