PETER KIM : AFLOAT

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C’est dans le cadre du 130° anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée que la galerie contemporaine du MAMAC, accueille cet artiste coréen. Peter Kim est né en 1967 en Corée du Sud, diplômé à la fin des années ‘90’ de l’école supérieur d’art et de design de Marseille, il poursuit depuis sa carrière aux Etats Unis.

 

Exposition

Son travail est fait de traits et de points liés entre eux. L’artiste évoque les traits et la nécessité d’avoir conscience de leur réalité. Il dénonce cette société faite par l’individu pour l’individu, ce matérialisme d’une course en avant d’un toujours plus. Avec la série des bols flottant, il tente de rendre aux humains leurs racines. Savoir attendre, s’arrêter et admirer ce bol ébréché. Pourquoi ébréché ? La perfection matérielle efface la création, tout est usiné par avance, sans surprise, sans bavure, le bol est parfait, mais est-il beau ? Est-il un bol ? Non, du moins Peter Kim donne un sens à ses bols : « Le bol permet à chacun de réfléchir sur lui-même. » L’artiste est aussi écrivain, son livre, Mon Combat, dénonce la technicité du monde détruisant l’humain. La société moderne est le monde du chacun pour soi, il n’y a plus de relations entre les gens. L’artiste nous entraîne dans son monde où le rêve est permanent. Ces bols gris sur fond gris, à peine ébauchés par la finesse du trait. « Pour faire des traits, faut avoir une conscience. » Tout est dit en une phrase. Conscience d’être, d’exister, d’être un être humain, avoir une âme et une réalité. Peter Kim nous livre des œuvres colorées où les couleurs sont à peine estompées, des pastels. Le trait fin, éthéré et aérien, les objets (les bols) toute son œuvre montre sa discrétion, Peter n’explose pas, au contraire, il est à la recherche, à la quête d’une sagesse. Les traits, les lignes et les points sont finalement une écriture, un code dont il nous livre les clés afin de comprendre la fin de toute existence et les vraies priorités bien éloignées des canons d’une société au capitalisme triomphant et au nouveau Mammon : la consommation. Cet artiste coréen est un sage. Avec ses bols nous nous souviendrons de la coupe du Graal, chacun d’entre eux pouvant en être la représentation. Une exposition musicale et poétique à aborder avec un cœur d’enfant, car elle évoque la pureté et la beauté des âmes bien nées.

T Jan.

RENSEIGNEMENTS :

www.mamac-nice.org

Exposition jusqu’au 24 avril 2016.