Entre le chant et la voix, l'éternité des mots!

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La nouvelle création de Christina Rosmini, El nino Lorca s'incarne dans une traversée artistique et humaine avec le poète incandescent, l'histoire d'une vie au destin tragique égrenée en forme de ballade jouée et chantée qui nous transporte dans la toute première moitié du siècle dernier.

 

On l'attendait dans le chant, elle s'est révélée dans une palette de comédienne, simple, dépouillée, dirigée par une mise en scène où l'épure du décor va toujours vers l’essentiel : l’œuvre du grand poète espagnol qui était aussi peintre, pianiste et compositeur. Sa voix emmenée par les cordes d'une guitare nous bouleverse jusqu'au nerf le plus vif, réunissant tout ensemble poèmes, bribes de lettres, fragments du journal de Lorca, au point d'aboutir à une mosaïque humaine et artistique.

Spectacle

Une trace de mémoire.

Rouge chant où rayonne la parole populaire, rouge lucidité d'une parole qui nous traverse.

Christina Rosmini possède ce don singulier et pénétrant de donner à voir et à entendre une histoire chargée d'émotions où l'on chemine toujours à fleur de lucidité sans jamais perdre de vue cette justesse dans la pudeur qui ajoute un supplément de densité et de vérité à son spectacle. Justesse car tout sonne juste, tout est à sa place et tout fait sens. Le ton est vif, alerte, éblouissant ; il retrace et rallume sans pathos ni surenchère la vie du poète.

Christina Rosmini nous fait pénétrer dans l’espace rêvé des passions, des premiers émois, là où se joue et se dénoue l’enfance, le souvenir des lieux, Fuente Vaqueros et son parfum d'oranger, l'ombre légère des silhouettes d'oliviers…

Une joie simple au soleil révélée.

Parfum de la terre, gourmandise à peine effleurée…

Ode à des printemps perdus, des amours anciennes…

Spectacle

Un peu de temps de vivre doux et suave comme le voile levé sur la beauté d'un monde que seule la poésie sait rendre intact.

Christina Rosmini nous entraîne dans une aventure où ressurgissent les fantômes du passé, Luis Bunuel, Salvador Dali, Picasso… Une époque où les artistes s'apprêtaient à changer le monde.

Puis vient le temps des voyages, New York que les dadaïstes duchampiens se plaisaient alors à surnommer cathédrale commerciale ; Harlem avec ses rythmes contenus dans une misère à fleur de peau ; Buenos Aires comme un dernier tango d'escapade, mélancolie étirée au son des bandonéons ; et enfin le retour en Espagne qui, quelques années plus tard, va le jeter entre les serres voraces et sanguinaires des milices franquistes.

Tout s’enchaîne dans ce spectacle bourré d’émotions et de tendresse, de colère parfois ; le chant rencontre la voix, la musique suscite le geste ; on se sent emporté par quelque chose d’envoûtant, un peu de cette tristesse que l'on retrouve dans les poèmes saturniens de Verlaine..

Spectacle

On est dans la pure émotion.

Et quand Christina Rosmini lance la main vers le ciel, ce n'est pas pour supplier mais s’indigner et tracer le mot liberté.


Jean-Pierre Cramoisan

Prochain spectacle à l'Espace Léo Ferré: Léo 38 avec Monique Brun les 22 et 23 janvier et La théorie des cordes de et par Didier Lockwood du 26 au 31 janvier. Didier Lockwood sera en résidence au Toursky pendant cette semaine.

Possibilités de rencontres avec le violoniste pour les élèves de conservatoires et d'écoles de musique.

www.toursky.fr