Un artiste engagé

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Entretien avec Philippe Pastor et Silvia Valensi

1) On vous définit comme un artiste engagé .Quel sens attribuez vous à la définition d'un artiste engagé alors que la COP21 débat encore à Paris?

On ne se définit pas comme artiste engagé, ce n’est pas un choix mais quelque chose qui vient vers vous.


On peut dire que mon engament, auprès de l’environnement en particulier, s’est affirmé au fil de mon parcours. J’ai effectué de nombreuses installations ici et ailleurs, à Nairobi, à New York, ou à Singapour. Depuis maintenant plus de 10 ans je m’exprime sur ce sujet et je n’ai pas attendu qu’il soit dans l’air du temps, comme c’est le cas actuellement avec les débats de la COP21 à Paris.

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2) Vous avez dit qu'à travers votre mode d'expression, vous dénoncez "la responsabilité  des hommes face aux désastres écologiques”. Pensez vous que la force de l'art puisse avoir un rôle déterminant à jouer?

Un rôle déterminant sur quel plan ? Tout dépend du point de vue. Je ne prétends pas changer les gens et les mentalités à travers l’art, mais c’est pour moi un moyen d’expression et je pense qu’il a une capacité particulière à toucher la sensibilité du public. J’exprime donc ce qui me tient à cœur et tant mieux si j’arrive à faire passer un message.


3) Passion et colère sont ils les émotions qui animent votre élan créateur?

Oui, bien sûr… Passion, colère, mais aussi réflexion. Tout d’abord une passion pour la peinture, puis tout un tas d’évènements qui font que la colère ressort…

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4) Avec vos œuvres, vous avez collaboré à de nombreuses manifestations: Les Nations Unies, La Biennale de Venise, L'Exposition Universelle de Milan... Chaque fois, des lieux et des partenariats différents, qui s'impliquent, comme pour la Fondation Nicolas Hulot, sur ce même thème de la protection de l'environnement.

Avez vous ressenti alors que le public, était sensible aux messages que vous transmettez dans vos œuvres?

C’est justement ce qui me pousse à continuer dans cette direction, le public est souvent plus sensible aux œuvres que les organisateurs eux-mêmes. C’est ce qui m’émeut et me rend heureux, particulièrement avec les enfants. C’est incroyable le retour que peut vous donner le public, surtout les jeunes.


5) Quelle est votre priorité, installer un dialogue entre art et environnement ou donner un autre pouvoir à l'art?

Ce n’est pas une histoire de dialogue que je cherche à faire passer, je veux juste montrer que l’homme déborde et que la planète souffre, montrer avec des choses simples que la terre n’en peut plus.

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6) Les titres de vos œuvres, qui sont très évocateurs, sont ils créés avant leurs réalisations ou après?

Tout est crée avant, les tableaux sont l’aboutissement d’une réflexion, longue et lente. Le travail se fait d’abord dans la tête, où l’idée évolue, pendant des mois, des années… J’ai besoin de ce temps pour faire sortir ce qu’il y a en moi.

L’installation de « Basta », par exemple, est restée près de deux ans dans ma tête, puis il a fallu trouver le bon espace, proche des couloirs aériens. La matérialisation se fait toujours en dernière étape.


7) Quels sont vos futurs projets, vos futurs combats?

Mon projet est de ne pas avoir de projets.

Je suis un observateur, de la nature, mais aussi des phénomènes de société ou du milieu de l’art dont le fonctionnement est parfois aberrant.

Pour mes prochains projets je réfléchis à des installation dans la lignée du « Basta », tournées sur des problèmes que l’on connaît aujourd’hui et dans le monde, comme ce qui s’est passé à Paris.