Arborisation : Les Sculptures-Mondes de Bruno Mendonça

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Mendonça

 

La thématique du livre en tant qu'objet ou élément architectural (bibliothèques éphémères, igloos, etc.), est dans cette nouvelle exposition de Bruno Mendonça reprise sur un plan plus structurant où peintures et sculptures sont associées dans le même objet. Constituées de matériaux du réel, du quotidien, de consommation ou de récupération (bouchons, filtres à café, code barres, fragments d’objets, étoffes, pâte à papier, buvards, douilles de balles, etc.), mélangés à des matières éternelles, immuables (pierres du monde entier, ocres, bois, coraux, sables, terres, sables, etc.) et à des éléments issus du milieu de l'art (fragments de dessins, de cartes d'invitation d'expositions, écritures, etc.), ces sculptures nous communiquent des informations parcellaires, remplaçables, déplaçables, transformables à l’infini.

 


Dans ce travail d'assemblages de matières, d'objets, de signifiants (comme des mots dans une phrase), les matériaux dialoguent entre eux, s’interpénètrent et s’enrichissent au contact des autres. Des correspondances d'énergies et de percepts se dégagent de chaque élément. Assaillis, interloqués devant cette agglomération de matières hybrides, on distingue peu à peu les éléments. Le sens circule de manière diffuse et se reconstitue progressivement à partir de ces fragments d'information.

 

Sculptures – totems
Ces figures totémiques objets travaillés à hauteur humaine présentent un support central sur lequel toutes les pièces sont mobiles et flexibles (points comme des chacras où se fixent les éléments). Des sculptures à toucher, à explorer, à modifier.
Totem-pyramide creux où une fenêtre permet de voir l’intérieur. Comme dans les pyramides égyptiennes, les parois sont recouvertes d’écritures et de graphisme


MendonçaOEUVRES MURALES
Des œuvres murales rythmées comme des partitions musicales.
Ces toiles libres aux couleurs chaudes de la terre et aux châssis déposés, sont aussi recouvertes d’éléments hétéroclites : fléchettes, boomerangs, bouts de ficelles, fermeture-éclair (celle de son vieux blouson de moto), flacons à liquides essentiels, seringue contenant bulles d’air prises entre les pistons, etc.
Ces territoires (« territoiles ») retravaillés à l’infini, portent l’empreinte de l’homme qui a tout déplacé : les plantes, les arbres, les animaux, les hommes, les monuments et les montagnes...

L’artiste ne cesse de reprendre son dialogue avec la matière, un travail qui se fait autant en atelier qu’à l’extérieur (le monde) d’où il tire les matériaux improbables de son quotidien ou de ses voyages. Une création accompagnée de rêveries, de visions d’un monde où évènements proches, anodins, inaperçus sont confrontés à l’immuabilité des pierres, des sables…
Face à un tissu social évanescent, au regard qui s’absente, aux déclarations convenues, Bruno Mendonça tient un discours riche et polysémique, destiné à nous confronter à la complexité ou au chaos.


par T. Jan


Voir site bruno-mendonca.com

Performances à venir : « Peau sous plomb » le 9 janvier 2010 Avec Martin Caminitti et Martin Miguel à la Galerie Depardieu
Concert avec 21 voitures, orchestre saxos, altos, tubas, 40 participants Film texte et concept de Bruno Mendonça.