AAARG ! … revient de suite.

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Nous connaissons les difficultés rencontrées par presque tout les périodiques imprimés. Et par expérience : PerformArts s’est éteint après son treizième numéro, et ne persiste qu’avec la formule numérique qui l’accompagnait. Ce qui nous rend d’autant plus attentifs aux problèmes et aux solutions des publications indépendantes qui persistent, et tentent des formules innovantes.

 

Les problèmes de survie des revues ou magazines ne sont pas nouveaux. Une petite revue d’artistes éditée dans les années 80 dans la région Centre, à laquelle j’ai eu l’heur de collaborer à la courte vie, avait publié la page provocante ici montrée : MacLuhan a rapidement eut sa peau ! – et l’imprimerie mentionnée semble ne plus exister. Mais peut-être l’imprimé est-il en train de trouver des formules éditoriales qui lui permettent une nouvelle vie.

En quoi AAARG ! dont Pierrick Starsky, (rédacteur en chef) explique ici la nouvelle stratégie éditoriale, nous paraît une entreprise exemplaire à soutenir.

m.a.

AAARG

Marcel Alocco : Vous annoncez que : « AAARG! tire sa révérence avec son numéro d’hiver : Le n°11 sera le dernier numéro ».

Si j’entends bien, il ne s’agit pas d’une mise en question des contenus… dont le bilan est plutôt positif !

Pierrick Starsky :

Le bilan est positif à plus d’un titre. Succès public, succès critique, on est aujourd’hui identifié partout en France et à l’étranger. On a concrètement apporté quelque chose de neuf, un souffle nouveau qu’il manquait à la bande dessinée, et on en est assez fier.es. Ceci étant, ce pari reste une gageure d’un point de vue financier. Étant donné qu’on paye les auteurs, malgré le fait qu’on est une petite structure indé, qu’on tire beaucoup et vu la qualité de l’objet, on perd encore du fric sur ce projet, même si tout le monde nous croit plein aux as. Rétrospectivement, on sait qu’on n’aurait pas eu les épaules pour lancer tout de suite un magazine, dans le réseau presse, à notre démarrage. Clairement, aussi, même si son prix se répercute sur deux mois de lecture, sur cette version, on se ferme à une grande partie de notre lectorat, du moins pour une lecture régulière, par le prix de l’objet, d’une, et par la régularité mouvante de nos sorties, uniquement dans le réseau du livre. Il est donc temps de changer de peau, ce qu’on n’aurait pas pu faire sans notre succès, et ce qu’on doit tenter pour notre survie.


M. A : Donc nouvelle stratégie. Contourner les lourdeurs et limites du réseau livre, pour passer à la sévère contrainte d’une périodicité… et tout en gardant un créneau libraire ?

Pierrick Starsky :

Évidemment, on restera en librairie. Les libraires sont nos premiers partenaires, certain.es nous défendent corps et âme, on leur est redevable ; c’est une affaire de cœur. Puis une partie de notre lectorat est attachée à l’objet mook*, à son affiche, à son papier... les aficionados du livre, les collectionneurs. J’en suis. Donc, en parallèle de la sortie de AAARG ! sous forme de magazine, en kiosque, on gardera une version mook de même pagination (100 pages). La première sera vendue à 4 euros 90, la seconde à 9 euros 90.

Grace à la version magazine, nous allons pouvoir toucher de nouveaux lecteurs, être disponibles dans les gares, aéroports, etc... Nous sommes les premiers à tenter l’aventure sur les deux tableaux, avec deux versions. C’est notre côté précurseurs, haha.

* NDLR : À la fois magazine et livre (magazine et book en anglais),

 


M.A : Changer de corps en gardant l’esprit… ?

Pierrick Starsky :

Même esprit, même ligne éditoriale, en gardant l’ouverture sur les cultures populaires (cinoche, musique). On va aussi coller plus près à l’actualité, avec un journal dans le magazine, un cahier de huit pages sous forme de journal, estampillé RIEN (uniquement dans la version presse, ce cahier sera remplacé par des surprises dans la version mook, contraintes de calendrier d’impression oblige), ainsi qu’un reportage photo pour chaque numéro, pas automatiquement intrinsèquement lié à l’actualité d’ailleurs.

De plus en plus d’auteur.es internationaux vont rejoindre nos pages, tandis que nos auteurs maisons seront toujours là.

Donc, on garde le même esprit, et on compte bien améliorer encore notre ligne éditoriale. Et il est possible de nous soutenir en vous abonnant, on a des offres de lancement plutôt alléchantes (ceusses déjà abonné.es ont droit à des petits plus en prolongeant). Et ne délaissez pas le dernier numéro de la version revue « ancienne version », le 11ème, avec un sacré casting.

Amour & spaghetti.