Une voix, un piano pour un moment magique

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C’est avec une « parenthèse » romantique que le théâtre Toursky a ouvert cette saison 2015-2016. La chanteuse soprano Carole Rey, accompagnée au piano par Anja Peskova, pianiste et chef de chant russe, a enchanté le public avec un concert dédié aux compositeurs romantiques allemands et italiens.

 

 

Théâtre

En première partie, des extraits de Liederkreis, opus 39, un cycle de chansons composées par Robert Schumann sur des poèmes écrits par Joseph Eichendorff . « A l’étranger », « Dialogue en forêt », « Clair de lune », « Crépuscule », « Nuit de printemps » ont été interprétés par Carole Rey avec à la fois une force et une finesse assez remarquables.

Avec des chants de Franz Schubert, sur des poèmes de Goethe, Matthäus von Colin et Franz von Schober , cette même limpidité s’est manifestée, et toujours cette émotion que la chanteuse sait transmettre à ceux qui l’écoutent.

Et puis ce fut Edvard Grieg, compositeur  norvégien et sa « Chanson de Solveig » suivie par « Le Cygne » et « Du Monte Pincio ».

En deuxième partie, place était donnée aux compositeurs italiens Vincenzo Bellini, Gaetano Donizetti, Francesco Paolo Tosti et Luigi Arditi.

Carole Rey, en robe bleu nuit et coiffure classique pour la première partie, s’est transformée alors en belle méditerranéenne, robe rouge moulante, cheveux défaits…et son interprétation est devenue passionnée, plus voluptueuse et débridée. Elle donne à l’ Air de Giulietta « Oh quante volte… » toute la mélancolie de l’amante que l’on veut séparer de son Roméo. Et elle devient plus légère avec l’Air de Norina, tiré de l’opéra bouffe de Gaetano Donizetti, ou les romances de salon de Francesco Paolo Tosti, compositeur de la « Belle époque ». Avec toujours cette voix claire et lumineuse. « Il bacio » (le baiser), valse brillante pour voix et piano de Luigi Arditi, conclue avec panache ce concert éblouissant. Enrichi encore par la complicité évidente entre la chanteuse et la pianiste.

JACQUELINE DE GRANDMAISON