D'un mur à l'autre

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D'un mur à l'autre
Max Charvolen
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Comment mettre à plat le visible, passer d'une réalité à trois dimensions à deux seulement ? Comment restituer la complexité ?


Ce questionnement sur la représentation continue d'occuper tous les artistes depuis la préhistoire. Ce sont probablement les premiers temples ou habitations à murs droits (apparaissant au néolithique) qui vont permettre les premières peintures sur surface plane et lisse (jusque là, elles étaient réalisées sur des parois irrégulières).


Avec l'Antiquité égyptienne, les "tables" de bois (d'où le nom tabula, tableau), les œuvres deviennent transportables. La peinture sur bois va perdurer jusqu'au XVe siècle avant de laisser place à un support de toile. Ce sont les peintres vénitiens qui, voyant le bois s'altérer dans l'humide Venise, ont les premiers l'idée de peindre sur de la toile utilisée jusqu'alors pour les voiles des navires (la première peinture sur toile connue à ce jour date de 1419), mais ce n'est qu'à partir du XVIIe siècle qu'elle devient d'un usage courant.

Au XXe siècle, les remises en question de l'espace normé du tableau engagent le groupe Support-surface et le groupe 70 sur la voie de la déconstruction. Leur nouvelle pratique interroge les composants élémentaires du tableau : toile, châssis, peinture, etc., entraînant unesacralisation de l’œuvre d’art au profit du processus de création : le sujet de la peinture, c'est la peinture elle-même.

Expostion

Depuis les années 70, afin de dépasser la vieille opposition Abstraction/Figuration et mettre l'expressivité à distance, Max Charvolen utilise la surface plane de la toile autrement qu'en support de la peinture. En superposant des rectangles de toile qu'il enduit d'acrylique coloré ou non, il recouvre les espaces bâtis d'un lieu déterminé. Livrés au travail du temps et aux passages qui altèrent, érodent les parties en contact avec les corps (frottements des vêtements), les recouvrements sont dans un deuxième temps, décollés, arrachés. Le travail de réduction/extension des volumes en deux dimensions commence alors. C'est la mise à plat qui constitue "l'œuvre", la "re-présentation" de l'objet. La toile s'est faite empreinte, portrait en creux, condensation de l'espace, archéologie, mémoire cachée révélant l'état du mur à un temps précis.

Exposition

Troisième et dernier temps : le passage du mur recouvert à celui de la galerie.

Du "Trésor des Marseillais" (sur le site archéologique de Delphes) à Vallauris, ville-modèle où il travaille depuis 1997, Charvolen a réalisé de très nombreuses œuvres qui rendent compte plastiquement de son rapport aux lieux tout en soulevant diverses problématiques entre topographie et topologie, entre poésie et démarche scientifique (voir l'intéressante analyse de J-M Lévy-Leblond), et bien sûr, entre peinture et architecture (ses deux formations).


« Ce nouvel espace-modèle, le lieu bâti sur lequel je me suis mis à travailler, s'est révélé comme une véritable machine à questionner et fabriquer de la forme, du dessin, de la limite... »


Alain Amiel

Galerie Depardieu

Jusqu'au 31 octobre