La loi du pouvoir, toujours…

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C’est à un « Macbeth » revisité, modernisé que nous invite Edward Berkeley. Le metteur en scène américain, spécialiste de Shakespeare et directeur du département d’art lyrique  de la Juilliard School à New-York, s’empare de la célèbre tragédie pour mettre en avant toute sa force cruelle et son actualité.

 

Jusqu’où peut mener l’ambition, la soif de pouvoir ? La question est plus que jamais vraie aujourd’hui. « J’ai la conviction que ce qu’avait saisi Schakespeare en en 1605 est encore juste en 2015 », affirme le metteur en scène qui ajoute : « La volonté de puissance était forte en en 1605 et menaçait l’avenir ; aujourd’hui, le monde est réellement envahi par la cupidité. »

Théâtre

Une cupidité, une impatience à assouvir leurs désirs de puissance qui incitent Lady Macbeth à pousser son époux à tuer, à s’engager dans une escalade meurtrière qui va mener l’un et l’autre jusqu’à la folie et leur propre mort.

Neyssan Falahi (Macbeth) et Ilinca Kiss (Lady M) donnent à leurs personnages ce comportement excessif, torturé, inhumain qui donne parfois le frisson. D’autant plus quand le fantastique s’invite avec les sorcières. Un univers envoûtant renforcé par le groupe Léda Atomica qui invente pour cela des instruments extraordinaires et des sons lancinants.

Les costumes, contemporains ou hors du temps, la proximité des artistes avec le public, contribuent, comme l’a voulu Edward Berkeley, à  jeter cette passerelle entre des siècles lointains et notre époque où la loi de l’argent, la soif du pouvoir tuent trop souvent les désirs collectifs et les combats pour l’intérêt général.

Un moment de grand théâtre mais aussi une invitation à la prise de conscience.


JACQUELINE DE GRANDMAISON


Théâtre. Un « Macbeth » contemporain présenté par le Toursky en co-production avec AEFR Mnémosyne*.

* AEFR Mnémosyne  : Association européenne France-Roumanie