OPERA DE NICE

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Avec l’automne qui arrive, commence la saison 2015-2016 de l’Opéra de Nice dont le programme a été dévoilé dès juillet. Une saison qui s’annonce riche et variée avec de grandes oeuvres du répertoire lyrique, des invités prestigieux et des projets audacieux à découvrir

 

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Après quinze ans d’absence de la scène niçoise, c’est avec joie que revient, dès novembre, une oeuvre lyrique parmi les plus jouées au monde, La Traviata. L’opéra de Verdi restitue non seulement avec finesse la gamme des sentiments humains, mais porte également une vraie réflexion sur le statut de la femme dans une société dominée par les hommes. Un sujet en prise avec son époque et dont la modernité en fit, en son temps, une oeuvre d’avant-garde. Populaire et politique, La Traviata poursuit aujourd’hui sa quête de liberté absolue dans une mise en scène de Pascale Chevroton et sous la direction musicale de Philippe Auguin dont ce sera la première « Traviata ». Le rôle de Violetta sera confié à Cristina Pasaroiu et celui d’Alfredo à Giuseppe Varano, qui remplacera le niçois Franck Ferrari récemment disparu, et pour lequel un hommage est prévu, a annoncé André Chauvet, Conseiller municipal, délégué à l’Opéra et à la Musique.

Ensuite est programmé, en janvier, Death in Venice, dernier opéra du compositeur britannique Benjamin Britten, inspiré de « Mort à Venise », le roman de Thomas Mann qui fut magistralement adapté au cinéma par Visconti. La somptueuse mise en scène de Hermann Schneider nécessite d’employer 850 personnes dans une coproduction avec l’Opéra de Linz. Le rôle imposant de l’écrivain Gustav von Aschenbach est confié à Hans Schöpflin.

En février, sera présenté Le Barbier de Séville de Rossini, avec, dans le rôle de Rosine, Ketevan Kemoklidze, une immense artiste pour la première fois en France. Le metteur en scène Federico Grazzini avait, parait-il, déjà magnifiquement monté Turandot au cours de la saison dernière. Le succès est donc assuré pour que le public retrouve avec une immense joie les aventures de Figaro, d’après la célèbre comédie de Beaumarchais.

Une oeuvre trop peu connue de Giuseppe Meyerbeer - un compositeur qui a séjourné à Nice -, Les Huguenots raconte les amours entravées entre un catholique et une protestante, lors des affrontements religieux de la sanglante nuit de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. Le thème des minorités opprimées permet d’actualiser cette oeuvre française dans la mise en scène du jeune Allemand Tobias Kratzer et sous la baguette du Marseillais Yannis Pouspourikas.

En clôture de la saison lyrique une oeuvre à découvrir, Medea de Luigi Cherubini, avec dans le rôle-titre la soprano Nicola Beller-Carbone. Rôle éprouvant qui exige une authentique tragédienne lyrique pour exprimer la vengeance amoureuse de cette « magicienne », telle que l’incarna l’inoubliable Maria Callas.

L’Orchestre Philharmonique de Nice, dirigé depuis sept ans par Philippe Auguin, promet aussi une saison symphonique riche en émotions, avec des solistes en tête d’affiches qui ont parfois rempli les salles les saisons passées. Julian Rachlin, star incontestée du violon dans le 5ème Concerto de Mozart, Magali Prévost, merveilleuse artiste dans le grand Concerto de Béla Bartok, le célèbre pianiste Philippe Biancioni dans le Concerto de Grieg, la jeune Olga Kern, nouvelle « coqueluche » du monde pianistique, dans le 1er Concerto de Rachmaninov, Nelson Freire interprétant Beethoven d’un jeu très inspiré.... Et beaucoup d’autres ! Dont, pour sa première venue en France, le jeune (22 ans !) pianiste et compositeur chinois Peng-Peng Gong (peut-être un nouveau Lang Lang !) qui viendra interpréter ses propres oeuvres.

Vu leur succès permettant de retrouver de brillants solistes de l’orchestre et de découvrir des compositeurs et des chefs d’oeuvres, les Concerts en famille du dimanche matin se poursuivront deux fois par mois avec un fil rouge sous le signe du romantisme « Vienne à livre ouvert ».

Pour la danse, une programmation particulièrement réjouissante s’annonce pour cette nouvelle saison. Sous la direction d’Eric Vu An, les ballets arrivent à une reconnaissance internationale avec un répertoire très varié qui valorise les qualités de technique et d’interprétation des danseurs de la troupe. Trois programmes sont proposés au cours de la saison dont, pour les fêtes de fin d’année, le célèbre Coppélia. Pour ce ballet sur une musique de Léo Delibes, une nouvelle chorégraphie sera créée par Eric Vu-An, directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée, dans des décors et costumes réalisés à Nice d’après les maquettes de la création.

Malgré les restrictions budgétaires subies dans tous les domaines culturels, la nouvelle saison de l’Opéra de Nice s’annonce attractive avec un programme diversifié qui parle autant au coeur qu’à l’esprit !


Caroline Boudet-Lefort