Marie-Elisabeth Collet "Correspondance du temps"

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Dix années après la remarquable exposition de Marie-Elisabeth Collet à la Galerie des Ponchettes, la galerie Depardieu présente "Correspondance du temps".

 

D'un lieu à l'autre, on retrouve les principaux thèmes de travail de l'artiste. De ses premiers rondos aux couleurs : ocre rouge sur noir, noir sur blanc aux pièces plus récentes, l'œuvre de Collet se déploie en formes géométriques pures, archétypales : carrés, cercles, triangles.

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De ses lectures sur la civilisation chinoise et de son attachement à la céramique sont nés naturellement ses premiers cercles. Un des tout premiers, issu d'un élan sur la surface grise, va initier une série de "rondos" réalisés sur différents supports. Les effets de piquetages, cloutages ou de lavis, le travail sur le support (en recto-verso) donnent l'impression de surfaces en mouvement. Tourbillons, vortex, giratoires impulsés par les touches de peintures rapprochées prennent l'apparence de disques lumineux prêts à coller.

La peinture épaisse semble s'éloigner de la toile, telle cette planète d'un rouge profond, équivalent au pigment bleu de Klein qu'on ne serait pas étonné de trouver dans le cosmos.

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Autre approche graphique, et n'oubliant rien de l'apport du Japon à l'art, son récent travail sur papier : des lignes-signes, grattages sur fonds noirs, écritures improbables, signatures illisibles, semblant explorer la pulsation tellurique profonde. Les couleurs se chevauchent, sentremêlent, senroulent dans une rythmie musicale et répétitive qui excède la surface du support, offrant au "regardeur" un écran mouvant, tel un rideau, à son imagination, et, au dire même de l'artiste, pour certains pastels, le souvenir d'une Marie-Madeleine en lévitation, recouverte de la tête aux pieds des ondulations de sa longue chevelure blonde (chapelle Saint-Erige à Auron).

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Ces œuvres graphiques et picturales sont mises en dialogue avec les céramiques étonnantes semblant issues de civilisations antérieures : vasques, conques, fragments d'objets archéologiques. Chacune des faces de ces conques a subi un traitement différent : émaillage couleur rose et blanc d'un côté, matité sombre de l'autre. La partie visible n'est pas toujours la plus précieuse.

Sous les mains de l'artiste, la terre peut prendre l'apparence du bois, du liège, renvoyant à la toile, la "peau" de la peinture. Elle peut aussi avoir la forme d'une vague, d'animaux marins ou se recouvrir de concrétions marines ou de coraux.

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Àcouvrir aussi, ces superbes "nids" aux matières diaphanes, créant un fort contraste entre la lourdeur du matériau et l'impression de légèreté qui émane de la blancheur de ses "pétales" de terre.

Intermédiaire entre la terre, ses mers et le ciel, le rôle de l'artiste est d'élever la matière vers l'esprit, de l'alléger pour lui donner son envol. Une tâche, un devoir, dont s'acquitte parfaitement Marie-Elisabeth Collet.


Alain Amiel


Marie-Elisabeth Collet

"Correspondance du temps"

Galerie Depardieu

Exposition jusquau 1er août 2015