MOR KARBASI, La Tsadika « La Juste »

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Une nouvelle Diva internationale à la voix au timbre de braise... Festival au Fil des Voix au Toursky , Marseille.

 

Auteur-compositeur-interprète, dans la lignée de Mariza et Jasmin Lévy, cette jeune artiste aux talents multiples (chant, danse) née il y a 29 ans à Jérusalem dans une famille aux origines marocaines, perses et israéliennes célèbre dans son nouvel album, les traditions séfarades et le fameux Ladino (une langue importée par les juifs séfarades d’Andalousie au Moyen Âge, exilés par décret en 1492 par les rois catholiques) tout en y apportant ses propres influences, Flamenco, Fado, musiques gitanes/berbères et Pop

Spectacle

« La Tsadika », nous a révélé une artiste lyrique charismatique à l’émotion chargée d’histoire. Sa voix sublime traversant les siècles, nous invite à un voyage autour de la méditerranée qui coule dans ses veines depuis des générations. Sa biographie pourrait sortir d’un roman digne d’Isabel Allende où histoire, magie, bonheur et dure réalité s’entremêlent.

De ce berceau exotique et sensuel, Mor Karbasi a gardé une empreinte séculaire. En exhumant ces chants méconnus, « La Tsadika » relate l’histoire dramatique d’une héroïne juive marocaine, décapitée publiquement à Fez, un jour de souk en 1834, à l’âge de 17 ans pour une prétendue apostasie de l’Islam, bien que vraisemblablement elle ne se soit jamais convertie à l’islam. Vénérée comme une sainte-martyre par les musulmans et juifs, elle est priée pour la fertilité féminine. Pour Mor ... Sol Hatchouel, fut une figure, une force, une inspiration.


Par la radio, elle avait découvert ce fameux Ladino qui l’a fasciné, et débute sa quête d’identité. Son grand-père, juif marocain, lui a aussi ouvert les voies de cette culture si riche, lui apportant l’étincelle et le feu en elle devenant de plus en plus ardent.

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Passionnée par cette histoire au regard de sa mère à origine marocaine, son père à ascendance perse, elle y redécouvre ses racines et ne voulant pas être un musée d’une langue morte, elle l’a ramène à la vie avec la « Tsadika » son troisième album sorti en 2013 après « The beauty and the sea » en 2008 et « Daughter of the spring » en 2011, MOR...prend son envol, s’épanouit comme personne dans ces registres qui nous rappellent les atmosphères musicales de la péninsule ibérique associées à la culture marocaine.

En fusionnant avec une force enveloppante les rythmes et les accents du flamenco, l’éloquence du fado, les gammes orientales et les langues de ses ancêtres, elle réussit à faire du Ladino une musique profondément contemporaine capable de passer sans effort d’un souffle intimiste à un style intense à gorge déployée.


Le rideau se lève.

Dans la pénombre, les projecteurs sont sur l’orchestre. Joe Taylor entame la musique arabo-andalouse avec sa guitare Flamenca qui rend un son vif, métallique et brillant, suit en fond la contrebasse puis le batteur caressant les cymbales avec ses baguettes de percussion, titillant de temps à autre, diverses clochettes. Après une longue minute sort enfin de l’ombre notre Diva, coiffée en crinière de lionne, vêtue d’une jolie robe gitane décolletée, chamarrée, dans les tons de fuchsia, beige, et marron... Elle entonne son concert, d'emblée sa voix nous fascine...

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Au fur et à mesure des interprétations de son répertoire, chanté en judéo-espagnol/ espagnol -hébreu ; portée par un vibrato impétueux qui saisit de bout en bout, sa haute voix claire y jaillit avec une véhémence inégalée, sur des tempos plus speed et les rythmes ardents d’Andalousie ; car on retrouve les intonations Flamencas, la fièvre gitane, l’exaltation du Fado, avec des couleurs arabes très marquées.

Ses mélismes orientaux qui sonnent comme du Raï, trouvent leur juste place entre les polyphonies « A capella » et une reprise un peu fondante de « Because » des Beatles... MOR nous séduit également en danse gitane espagnole et Andalouse. Une gestuelle parfaite et une présence scénique imposante «ô combien appréciée par le public » chargée d’émotions et de sensualité.

« La Tsadika » un album moins pop que le précédent, mais profondément nomade et lumineux, voir étincelant, réalisée par MOR, qui restera gravé dans nos mémoires tant par la musique composée, que par les paroles qu’elle a écrites, chargées d’histoires dramatiques...impliquant les religions avec leurs lois ... au XV° et au XIX° siècle.

Spectacle

MOR KARBASI par son charisme et son approche innovante, se révèle une artiste complète, pétrie de qualités exceptionnelles, s’inscrivant dans la lignée des Divas capables de transfigurer un héritage millénaire en création d’une grande modernité

Pierre ROTOLO

Mor Karbasi voix
Joe Taylor guitare Flamenca/tar et arrangements musicaux
Yshai Afterman percussions (batterie /djembé/tar : tambour arabo-andalou...)
José Antonio Miguel contrebasse