Caroline Coppey, Don Quichotte de la couleur

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Le Centre d'Art Aponia invite Caroline Coppey à exposer ses œuvres récentes
du 30 mai au 28 juin 2015


 

Caroline Coppey présente à l’intérieur du Centre d'Art Aponia une installation monumentale de sa série de Palettes, quelques éléments des séries des Couleurs, Sols, Chiffons, Carrés, Gouttes, ainsi qu'une projection de son oeuvre numérique Palettes 1-300. A l'extérieur, en dialogue avec les parois métalliques du bâtiment, est accroché un ensemble de peintures sur inox. Le monde de la couleur se dévoile ainsi dans le déploiement multiple du concept d'unicité de la couleur qui structure sa démarche artistique.

APONIA Centre d'art contemporain

6, avenue Montrichard 94350 VILLIERS-SUR-MARNE

Tél. : 01 49 30 57 29 / 06 20 49 36 90

 

Exposition

Caroline Coppey est une artiste qui cultive depuis toujours la peinture dans le champ des rapports féconds et délicats de la pensée et du paysage, en écho avec celui qu’elle a longtemps étudié et sur lequel elle a rédigé sa thèse : Claude Monet. De l’appareil conceptuel à la vibration des couleurs, de la nature à la culture, de la fragilité et de l’intégrité de l’individu à sa désaffection standardisée, on retrouve tous ces thèmes de prédilection chez ce peintre qui affirme une vision synthétique, capable de dépasser les antagonismes formels.

(...) Sorte de Don Quichotte de la peinture, elle a fait de sa vie l’impossible quête de l’unicité de la couleur, cherchant jusqu’à épuisement, c’est-à-dire jusqu’au bout de sa vie, les nouvelles couleurs uniques qui viendront s’ajouter à son immense nuancier sans cesse complété. Dans ce travail à jamais inachevé, chaque étape compte, dans l’écologie globale de son art et de ses multiples sources d’inspiration (pêle-mêle, outre Monet déjà cité, Rothko, Agnès Martin, Joan Mitchell ou Giuseppe Penone...).

Exposition

(...) Chez Caroline Coppey, chaque phase, chaque phrase, chaque exposition est pensée par rapport à un projet plus global, projet de vie donc, projet où l’écologie de la fabrication compte autant que l’effet obtenu, projet qui questionne notre manière d’être inséré dans une économie et une esthétique globale de la production, notamment dans ses rapports avec une certaine exploitation aveugle de la nature.

(...) Comme l’ont fait jadis les chantres du protocole artistique (BMPT par exemple), elle aime à présenter son travail hors de l’atelier, dans le champ du public, dans « les » champs qui ouvrent les horizons du visible, tout comme au cœur des pierres jaillies de la terre par la main de l’homme. Et l’on peut, au travers du parcours qui permet aux visiteurs de découvrir ses pièces dans différents lieux de promenade buissonnière, là où sa démarche prend toute sa dimension, goûter les saveurs de l’artiste, saveurs qui sont autant pour les sens que pour l’esprit.

Exposition

Un espace mental donc, étendu à un espace de nature. Parce que l’on ne fait pas par hasard un travail qui vient taquiner toute l’histoire de la peinture du paysage, quitte à en détourner soigneusement les codes (en particulier à travers l’inversion des formats traditionnels de ce genre)… Au cœur de la question moderne se trouve l’émancipation du paysage, de plus en plus individué au fil des décennies, et sa conclusion ultime, à la suite des multiples Nymphéas : la voie vers la peinture « abstraite » et autres « colorfield » américains. Au cœur de la démarche de Caroline Coppey, qui assume et analyse le long processus de cet héritage et sa présence encore vive aujourd’hui : la question du « naturel » et du « culturel », la possibilité de leur synthèse, leurs apports mutuels, la reconstruction « artificielle » des phénomènes et des sidérations de la nature par la peinture pure. Et, en même temps, la possibilité de la subtile découverte, le passage de l’invisible au visible, du rien au quelque chose, de l’informe au vivant, du terne à l’éclatant, au travers de ses expériences alchimiques de couleurs et de matières. Voilà le propos et voilà la poésie cosmogonique qu’il conviendra de découvrir en se perdant dans le dédale de ses propositions !

Exposition

Frédéric Elkaïm

(Extrait du texte du catalogue de l’exposition au Moulin des Arts de Saint-Rémy, juillet 2013)