Entretien avec les représentants de la galerie Nicolas Flamel

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Notons d'abord que la galerie fut nommée ainsi en hommage au célèbre alchimiste Nicolas Flamel qui habitait dans la plus vieille maison de Paris, datant du 15ème siècle, située dans la rue de la galerie. Elle fait donc partie du site de Nicolas Flamel, notamment la cave de la galerie où il exerçait ses travaux. Selon la légende, l’alchimiste fut à l’origine du mythe de la “pierre philosophale”.

 

La galerie expose le travail de grands maîtres de l’art contemporain iranien tels que Nasrollah Afjei, Kambiz Derambakhsh, Parviz Tanavoli, Nasser Ovissi, Parviz Kalantari, Kambiz Sabri, Mehrdad Shoghi…

Mais aussi de jeunes talents émergents tels que Shahrzad Ghaffari, Adel Younesi, Anahita Masoudi, Manou Marzban, Mojtaba Tajik...

Entretien

Silvia Valensi : Comment est née la Galerie Nicolas Flamel ?

Yassi Metghalchi/Hessam Khalatbari/Fathali Metghalachi : Nous avons ouvert la Galerie Nicolas Flamel en 2008. Ayant toujours vécu très entourés d’artistes, photographes, sculpteurs, peintres, danseur... nous avons créé ce lieu tout naturellement pour les réunir, les exposer et faire découvrir leurs talents. La Galerie Nicolas Flamel est ainsi devenue leur univers artistique.


La galerie est-elle uniquement consacrée aux artistes iraniens ?

Nous restons ouverts à tous les artistes mais il est vrai que, depuis deux ans, nous nous consacrons plus exclusivement aux artistes iraniens. Nous les réunissons autours de thèmes larges et fédérateurs qui produisent des expositions magnifiques par le dialogue qui s’instaure entre les œuvres.

Entretien

Quelle sont les objectifs de la Galerie Nicolas Flamel ?

C'est de faire connaître et de transmettre l’art qui existe aujourd’hui en Iran, de faire découvrir une nouvelle catégorie d’artistes, pas forcément connus.

Il est extraordinaire de voir comment ces artistes suivent les grandes avancées de l’art contemporain ou même les devancent. Les artistes iraniens ont cette particularité d’être « les ambassadeurs de leur héritage culturel et de la modernité » . Ils ont cette capacité de réinventer le monde par leurs œuvres.


Quels sont les artistes représentés ?

Les artistes présentés ont pratiquement tous été formé par les Beaux Arts en Iran. Les autres sont autodidactes et, chose importante, il y a autant de femmes que d’hommes. C’est une génération issue de celle qui était présente lors de la création du premier musée d’art contemporain, à l’époque de l’Ancien Régime et dont la Shabannou avait été l’instigatrice. On peut observer que ceux qui étaient des précurseurs sont aujourd’hui les chefs de file de cette nouvelle représentation artistique iranienne.

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Comment les choisissez vous ?

Il est important pour nous d’exposer des artistes iraniens vivants en Iran ou non. Les choisir représente un travail d’envergure. Nous pouvons par exemple, faire des appels à candidatures qui peuvent s'adresser jusqu'à six cent artistes. Notre connaissance par le bouche à oreille en Iran, par le sérieux et l’engagement dont nous avons faire preuve nous permet aussi de choisir des artistes.


Création et liberté d’expression symbolisent vos expositions. Est-ce que les artistes associent leurs réflexions artistiques à leurs pensées politiques ?

Nous sommes une galerie apolitique. Notre identité ne se base pas du tout sur la volonté de revendiquer ou de véhiculer des idées politiques ou des opinions. Nos artistes ne sont pas dans la provocation ni à l’inverse dans la peur de s’exprimer. Nous avons pour seule ambition, de promouvoir l’art sous toutes ses formes et dans toutes ses idées plurielles. Ce qui prime pour nous, c’est la valeur intrinsèque de l’œuvre et sa technique. Nous présentons des artistes indépendants, comme des artistes du monde au langage universel. L’interprétation des œuvres peut donc se révéler multiple pour le public qui demeure seul juge de ce qu’il voit et comprend. Une œuvre qui se définit comme forte, existe par elle-même.

 

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Quels sont vos souhaits pour le développement du marché de l’art contemporain iranien ?

Le cinéma iranien a acquis une reconnaissance mondiale. L'art contemporain iranien mérite lui aussi une place de premier plan sur le marché de l’art international, par la qualité des œuvres. C’est le rôle que la Galerie Nicolas Flamel s’est donné.


Propos recueillis par Silvia Valensi

copyright 22 avril 2015