TILMAN A DOLCEACQUA - Cosi come stanno le cose

PDFImprimerEnvoyer

Il y a un an déjà que Tilman* s’est posé, de l’autre côté de la frontière italienne, en un lieu où la Terre et le Ciel se rencontrent. Sur les hauteurs de la vallée de la Nervia, à l’écart des contraintes de la vie urbaine, cet artiste qui a grandi près du Bauhaus, a investi deux anciens bunkers qu’il a aménagés en atelier-maison et en espace d’exposition.

 

Exposition

Là-haut, dans cette luminosité qui sculpte l’espace, l’art et la convivialité de Tilman opèrent de concert pour accueillir le visiteur, toujours bienvenu, dans un univers limpide où formes épurées et couleurs acidulées mènent une danse ludique et joyeuse.

Exposition

Par le biais d’événements qu’il y crée désormais avec DAC – Dolceacqua Art Contemporain – Tilman entend bien animer du souffle vivifiant de l’art non-objectif cette belle vallée où l’Histoire a laissé de multiples empreintes. Actuellement, une exposition intitulée Cosi come stanno le cose propose une réflexion sur le surgissement de l’équilibre à partir du désordre – ou peut-être l’inverse, qui serait alors processus de destruction - à travers la confrontation de deux œuvres dichotomiques : « Cosi come stanno le cose », une installation faite d’objets disparates jonchant le sol et Equilibro, une grande composition en trois dimensions où le blanc et le noir structurent les couleurs et qui semble en suspension dans l’espace.

 

Exposition

Ce dialogue antagoniste est d’une telle efficience qu’à être bien regardé, il ouvrirait presque un moment de réalité virtuelle où les éléments de « Cosi come stanno le cose » s’ébranleraient pour s’élever puis disparaître hormis quelques-uns d’entre eux qui viendraient s’agencer sur le mur blanc pour composer sobrement Equilibro.

 

Exposition

La fatalité semble donc, finalement, ne pas avoir le mot de la fin dans l’espace-temps circonscrit par cette rencontre insolite et signifiante puisqu’à l’installation répandue au sol, éclatée, brisée, et comme telle, évocation probable d’un naufrage, voire métaphore du devenir de la Méditerranée, répond une structure en lévitation sur et dans laquelle l’ombre et la lumière révèlent une harmonie parfaite entre ligne, couleur et volume. Un peu plus loin, une série d’Interludes traduisent la clairvoyance et la lucidité de l’artiste qui se garde des impasses de l’art réductif en introduisant quelques éléments de narration dans sa pratique de l’abstraction formaliste.

Exposition

Tilman l’optimiste est un esprit libre qui devise avec les couleurs, comme d’autres respirent et converse avec la lumière, sereinement et au quotidien. C’est tonique et revigorant. Qu’on se le dise !


Catherine Mathis

 

(*)Tilman Hoepfl