XXème FESTIVAL RUSSE : Huit femmes D’après... Robert Thomas

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Digne d’un roman d’Agatha Christie ou d’une partie de Cluedo, cette comédie musicale jubilatoire est portée par huit comédiennes admirables et un orchestre talentueux. Chacun a encore en mémoire la remarquable adaptation cinématographique de Huit femmes du genre comédie policière française, réalisée par François Ozon.

 

Cette version scénique, inspirée du cabaret et du théâtre musical des années 50, est, elle, résolument décapante.

Un spectacle de très grand style, glamour, joyeux...

Suivi d'une soirée Cabaret Russe au Nouvel espace "Léo Ferré" animée dans la foulée, par la troupe même du théâtre Académique de Perm, en ses musiciens et nos Huit belles Femmes, toutes pétillantes de joie et de bonheur.

Une adaptation théâtrale 2013, de Haute Facture, liant le classique et le moderne, sans demi-mesure, de cette pièce créée à Nice par l'auteur en 1959.

Spectacle

Un « Cocktail-Russe-Explosif » minutieusement préparé, par le metteur en scène, Boris Milgram, s’ouvrant au monde extérieur dans tous les domaines, sans oublier ses racines slaves alliant noblesse, bourgeoisie, années 50/60, quant au choix de la musique, du chant, de la danse, des costumes, du décor... allant du classique au contemporain ... Ô Combien apprécié, par le nombreux public du Toursky en majorité de ressortissants russes de Nice et notre région...Un Standing-Ovation sans précédent.

Des idées qui convergent : l’un, Richard Martin, directeur du Toursky, pour recevoir dans les meilleures conditions, l’autre, Boris Milgram, pour mettre en place son Chef d’œuvre de Prestige, avec, pour couronner le tout avec en décoration sur scène, une flamboyante décapotable rouge, non américaine...mais...bien russe. Le ton est donné.

Spectacle

LE RIDEAU SE LEVE

Nous sommes la veille de Noël, dans une demeure cossue et isolée,

S'offre à nous un décor somptueux, le ton, la facture, sont présents dans le respect de l’œuvre, mais avec la "Griffe" de Boris Milgram. Un metteur en scène qui, afin d'apporter une note de noblesse et festive dans son adaptation scénique, pour assouvir son désir, s'est entouré de tous les ingrédients.

Le fond de scène, dont la façade en brique rouge est éclairée de projecteurs, laisse paraître un escalier métallique le long de celle-ci, dont l'accès aux chambres se fait par la droite ; sous celui-ci, une ouverture de garage.

Empiétant toute la largeur de la scène nous trouvons de gauche à droite, plusieurs violonistes femmes devant leur pupitre, vêtues de robe blanche d'époque ; au centre: "Mamy" la grand-mère, une ivrogne notoire dévorée par son avarice et emmitouflée dans un fauteuil roulant, "Augustine" la tante neurasthénique et névrosée, "Gaby" la maîtresse de maison, vêtue d'une robe longue rouge décolletée, écharpe en fourrure, joliment coiffée, portant un collier imposant, qui, sous des allures de mère de famille, dissimule une bourgeoisie insensible, "Suzon" la fille ainée, vêtue d'une jupe longue à carreaux rouge et blanc, style Rock'N Roll, qui a un secret, "Catherine" la malicieuse cadette, une ado vêtue d'un short et portant des mi-chaussettes rouge, Pierrette, la sœur de Marcel, une femme sensuelle et calculatrice, vêtue d'une longue rouge à bretelles, "Madame-Chanel" la gouvernante, cuisinière et nourrice de Suzon et Catherine, vêtue d'une robe longue rose, décolletée, serrée à la taille, travestie en "Doudou noire" mettant en évidence un faux embonpoint (fesses, seins), telles les nounous, cheveux crépus, "Louise" la bonne, insolente et libertine, cheveux tirés, vêtue d'un ensemble à petits motifs rouge et blanc, le haut largement décolletée, une jupe courte serrée, un petit tablier blanc, avec ras de coup en satin...et pour finir à droite, six musiciennes avec des instruments modernes (clavier, guitare...), vêtues de blanc comme la douzaine de violonistes ; un face à face.

Spectacle

Pour mémoire,

Créé au XVIème siècle, le violon très vite popularisé, s'avère un instrument très apprécié de la noblesse puis de la bourgeoisie, et occupe depuis, une place importante de la musique classique occidentale.

La scène commence par une envolée musicale, les violonistes sont à pied d’œuvre, l'Orchestre Moderne emboîte le pas (saxo/trompette/trombone/guitare...). Une pureté, une légèreté s'en dégage et envahi le public.

Nous sommes dans cette ambiance de fête. Un parterre exclusivement féminin du moins, voulu aussi, côté musiciens par Boris Wilgram, n'hésitant pas à travestir les quelques hommes qui représentent l'orchestre, en robe et perruque blanche. Avec les cuivres, la batterie, la guitare électrique, nous sommes dans l'ère du Jazz New-Orléans, une culture noire américaine qui a donné en 54, naissance au Rock and Roll, par les blancs américains...Un Boris très inspiré, qui de plus, pour immortaliser ce "Spécial 20 ans", a fait composé paroles et musique des chansons interprétées, uniquement pour le théâtre Toursky. Un grand hommage à Richard, né à Nice, baignant dans cet ère...qui en 60, du haut de ses 17 ans, partait pour Paris, tenter sa chance, comme comédien (pure coïncidence).

Spectacle

La pièce démarre... Chacune des huit femmes font les derniers préparatifs pour cette belle soirée de Noël envisagée, elles papotent, s'admirent ou se font admirer. Marcel, le maître de maison, tarde à venir. Et c'est là, que l'intrigue commence, on le trouve mort dans sa chambre, poignardé dans le dos. Qui a tué Marcel ?

Tour à tour mystérieuse ou pimbêche, revêche ou perverse, chacune de ces huit femmes a une raison de souhaiter la mort de Marcel. Toutes s’accusent mutuellement d’avoir commis le crime.

Huit suspectes, huit meurtrières potentielles. Commence alors une longue journée d’enquête, émaillée de soupçons, de trahisons et de révélations durant laquelle vont resurgir les jalousies, les secrets de famille et les règlements de comptes.

La deuxième partie de cette comédie musicale s'annonce aussi riche.

Spectacle

Côté musical,

C'est l'orchestre au complet de Perm qui se présente sur le plateau, soit 21 musiciens, plutôt des musiciennes en majorité. Le petit reliquat composé d'hommes accompagné du Chef d'Orchestre, se trouvait en retrait de scène, à l'entrée de la porte de garage.

Les costumes ont changé, tous vêtus de noir, robes longues pour les dames, queue de pie pour les hommes.

Spectacle

Côté comédiennes

Hormis Louise", la bonne ; elles aussi ont eu droit à bien de toilettes différentes, notamment "Madame Chanel" revêtu d'un costume d'homme, gris clair, style New Orléans, faisant encore plus ressortir ses fausses fesses, qui entretient des relations homosexuelles avec "Pierrette", femme vénale, ancienne danseuse nue; "Gaby" toujours avec sa fourrure autour du cou et "Pierrette" en combi clair, toutes deux maîtresse de Jacques Farnoux; sans oublier " Mamy" belle-mère de la victime, qui avait préféré simuler le vol de ses actions plutôt que de les offrir à son gendre pour lui permettre de sauver son entreprise de la faillite, retrouve de la vigueur avec une belle robe blanche, prête a se remarier, alors qu'elle avait tué son mari, un colonel pour lequel elle n'avait éprouvé aucun amour; "Suzon" qui s'avère en fait, être la fille de Jacques Farnoux, l'amant de sa mère, associé véreux responsable de la faillite de l'entreprise de son beau père, ce qui en soi est un bien, car, ayant annoncé sa grossesse, elle prétend que l'enfant qu'elle porte serait le fruit de rapports incestueux avec Marcel. Elle se fera inspecteur durant la journée d'enquêtes, jusqu'à que son secret soit dévoilé au grand jour; "Augustine", en aube rouge, vieille fille aigrie, restée vierge, qui noie son chagrin dans la mesquinerie et dans la lecture des romans à l'eau de rose, rêvant d'être la maîtresse de Marcel, son beau-frère, se métamorphose en tentant de se transformer en femme fatale, pour ressembler à sa sœur "Gaby"; Au volant de la décapotable, lunettes de Star, robe blanche, entourée de roses blanches...

Spectacle

Quant au casting qui par l’âge marque les époques, et à l’excellente interprétation de ces charmantes comédiennes, qui de plus, excellent en chant classique, lyrique, moderne, et en danse selon...

Et enfin « Catherine »

Qui dévoile cette intrigue. Fille chérie de son papa, qu’elle considère comme l’homme idéal ; cette ado, bien qu’insolente et paresseuse, possédant des idées révolutionnaires sur la condition de la femme, obsédée par ses lectures policières, avait mis en scène le meurtre de son père minutieusement préparé « Le Crime Parfait » et rondement mené, afin aussi de découvrir le vrai visage des femmes de sa maison, puis, de partir avec lui, l’avoir pour elle seule. Mais le « Marcel » personnage invisible avait dans l’histoire disparu.

Spectacle

Un spectacle cabaret sur mesure avec fond rouge dominant, signe de passion, rouge de la vie, leurs excès au travers des époques, qu’a offert Boris Wilgram à Richard Martin, pour le 20ème anniversaire du Festival Russe, dans l’espoir que cette merveilleuse histoire entre « Saltimbanques Franco/Russe », ne soit pas au regard de la crise économique, délaissée par les pouvoirs publics, tel le scepticisme de Richard, qui craint que cette représentation théâtrale du 21 mars 2015 ne soit la dernière.


Pierre ROTOLO


Théâtre Toursky

XXème FESTIVAL RUSSE :

Huit femmes D’après... Robert Thomas

Théâtre Académique de Perm : « Le Théâtre-Théâtre »

Directeur artistique : Boris Milgram

Idée et mise en scène : Boris Milgram

Musique : Vitali Istomine - Livret : Mikhail Bartenev, Andreï Oussatchev

Scénographie : Victor Chilkrot - Costumes : Irena Belooussova

Éclairage : Evgueni Vinogradov - Chorégraphie : Irina Tkatchenko

Maître de chant : Olga Tikhomirova

Avec : Elena Starostina Gaby, Ekaterina Souchina Suzon, sa fille aînée, Eva Milgram

Catherine, sa fille cadette, Irina Kozlova sa mère, Maria Polygalova Augustine, sa soeur,

Anna Syrtchikova Pierrette, la soeur de son mari, Olga Poudova Chanel, sa gouvernante,

Irina Maksimkina Louise, sa femme de chambre.

Directeur de l’orchestre : Petr Iourkov

Chargée musique du théâtre : Tatiana Vinogradova

L’orchestre :

Premiers violons : Maria Pouzyreva, Elena Pouzyreva, Elena Stratoulate, Elvira

Sementoukh, Aliona Morozova. Seconds violons : Marina Matveevkaya, Larissa

Konovalova, Lioudmila Choumilova. Violons alto : Elena Kleptsyna, Aliona Kniazeva.

Violoncelles : Marina Dolguikh, Sofia Charipova. Contrebasse : Maxim Ivantchine.

Guitare : Dmitri Zayakine. Clavier : Maria Alekseeva. Flûte : Natalia Tchernooussova

/Daniil Gladkikh. Hautbois : Elena Chamsoutdinova. Clarinette : Iouri Konovalov.

Saxophone : Dmitri Golovnine. Trompette : Oleg Stratoulate, Andreï Kopyssov.

Trombone: Viatcheslav Tretiak / Artem Sanatchev. Batterie : Iouri Trouskov / Nina Lenkova.

Percussions : Nina Lenkova

BIOGRAPHIE DE Boris Wilgram

Né le 27 mai 1954 à Odessa – Étudie à l’École Polytechnique de Perm. Crée en 1987, le nouveau théâtre de Jeunesse à Perm. En 1989, a terminé GITIS de Moscou chez Anatoly Vassiliev. Il a travaillé au Théâtre Mossovet, puis de l’Estrade, et au Théâtre École de la Pièce Contemporaine. Un des premiers a créé une entreprise Théâtrale. Lauréat du prix « Le Masque d’Or »

A partir de mai 2004 - Directeur Artistique du Théâtre d’ART Dramatique de Perm.

2008 à 2010 - Ministre de la Culture de la Région de Perm.

2010 à 2012 - Vice Président du Gouvernement de la Région de Perm.

Depuis 2012 – Directeur Artistique du « Théâtre-Théâtre » de Perm.