ZAPATISTAS & RUA VIVA !

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Comme n’importe quel top-model, Carmen est en couverture de Zapatistas. Ressemblance étonnante avec la Joconde, oui celle du Louvre, dont on discutait jusqu’à ce jour l’identité. Voici donc un problème d’histoire de l’art résolu.

Tout pareil, à quelques détails près aurait dit quelqu’un : Elle tient un pistolet ; sur le petit pont au fond à droite une locomotive à vapeur… Et dans son dos, le Jorge, qu’à une gueule et soutien le sein droit abondant sa belle avec sa main gauche, celle qui ne tient pas le fusil. Léonard, inventeur du char de combat, mais oui, mais oui, serait ravi de cette œuvre réactualisant (presque) sa vieillerie poussiéreuse. Ce qui donne le ton à ces Aventures Sentimentales… Sentimentales ? Sentimentales ? Vous avez dit Sentimentales ?... Oui, mec, question d’atmosphère, tu comprends.

BD

Il y a dans ce BDBook (ou dois-je écrire Bédébook ? le français est bien compliqué !) d’autres allusions à l’art véritable, celui dont le vernis a eu le temps de craquer, qui sans doute ont échappé à ma bien connue inculture. Mais j’ai tout de même remarqué (faut pas trop pousser grand-père !) la conversion en noir et blanc d’une certaine Joséphine qui « poitrine nue et brandissant l’étendard de la réaction, renversait les barricades révolutionnaires », moment du récit où la Liberté ne guidant plus le peuple, Delacroix n’y reconnaîtrait pas son pinceau. À propos de couleurs, parfois une couleur sur une page de noirs dessins, tendance camaïeu, jaune orangé ici, lie de vin (de vin rosé), ou doré, que ça fait de belles fesses… Quant aux histoires abracadabrantesques, à vous de lire les images.

Parce que les bédébook, c’était inventé pour les gamins, qu’on pouvait lire sans savoir lire. C’est pourquoi je n’en lis jamais. C’est comme les films en V.O. dans une langue vraiment étrangère, le suédois de Bergman que je subissais avec un plaisir obstiné lorsque j’étais étudiant et les films de Bergman tout neufs sur les écrans en France. Tu lis les sous titres, tu loupes la moitié de l’image. Tu regardes l’image, puifffttt ! tu perds le fils du texte. Pareil dans les BDbook. Les images vont plus vite que le texte, ou bien le texte est intéressant mais les images lambinent, un peu vides, voire inutiles… mais ouais monsieur Léonard, t’énerve pas. C’est pas ton talent qu’est en cause, c’est mon inculture en lecture bédéïque.

BD

Eldiabolo & Julien Loïs mettent en scène des hommes à têtes d’animaux. Bonobo (un nom qui parle !) et ses copains, chiens, sangliers, mec à bec, à gueule d’éléphant, sont dans des quartiers, ça zone, ça cogne… C’est pas clair quoi. Toute cette épopée est racontée dans ce BDbook sur écran télé ou grand écran, selon les circonstances, mais avec le technicolor. Pas trop de détail dans le décor, souvent des fonds quasiment monochromes, qu’on saute d’une image à l’autre du vert de gris au cuivre rutilant, du rouge nuages d’orage au couchant au chocolat au lait frotté vanille. Un monde qui s’agite fort, heureusement bien contenu dans des albums cartonnés épais, que ça impressionne publication de luxe. Les auteurs ont déjà publié quelques volumes, éditions Charrette, éditions Même pas mal. Rien qu’à leurs noms, on voit que c’est du lourd. Peut-être affirmation d’une école BD AAARG ! ? Dans le ton, sinon dans l’esthétique, mais moi ce que j’en dis… ce n’est que du haut de ma notoire incompétence en la matière.

(Voir www.AAARG.fr)


Marcel Alocco


ZAPATISTA

« les aventures Sentimentales de Carmen y Jorge » et autres histoires…

de Pierre Place Collection Casbah éditions AAARG ! avril 2015

RUA VIVA ! Noticias

de Eldiablo / Julien Loïs, Collection Casbah, éditions AAARG ! avril 2015