La mémoire en mouvement

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Christine Maillot artiste peintre issue de l’école des beaux arts de Boulogne sur mer et de l’université Paris 1°, vit à Antibes depuis 2009. Elle nous parle de la mémoire et de Paris, d’une rue taggée et cet art éphémère qu’elle immortalise par la photo, lui donnant ainsi une mémoire. On peut admirer son travail à la galerie Depardieu, y découvrir des photos qui sont des tableaux ou serait-ce plutôt des tableaux qui sont des photos.

 

maillotChristine va au fond des choses, de ses sujets, de sa passion. Le son est décortiqué, on en distingue le mouvement, de sa genèse à son aboutissement, de son départ à sa disparition. Il y a des jeux sur le bleu et ses différentes teintes. Elle analyse un visage, ce n’est pas un portrait, mais la déstructuration de ce visage. La ballerine semble un spectre, un fantôme, éthérée, elle évolue sur la scène sans jamais la toucher, aérienne, on pourrait croire qu’elle va quitter son cadre et nous entraîner dans un ballet dirigé par Karajan. Les œuvres de Christine sont une introspection interne, une radiographie des sujets, du mouvement L’artiste est passée de la toile, d’un châssis à un appareil photo. Cela lui a permis de décomposer les formes et les êtres. Elle nous parle des voix : « La disparition des voix ?.....Il fallait une mise en image, une mise en couleur, une genèse, une mémoire…. » Réminiscence de la voix, trace de quoi ?..... « C’était à l’origine deux tableaux sue j’ai déstructurés et avec la photo numérique j’ai mélangé les couleurs naturelles et artificielles. » Christine nous montre une autre photo tableau : « La mémoire voix en écho, mémoire révélée était à l’origine un pastel sec rephotographié, j’y ai rajouté de l’acrylique, des ressorts de matelas et du verre pour les effets de lumière. » On reste admiratif devant son travail. Christine est une alchimiste qui transforme un sujet banal et ordinaire en une œuvre d’art, mais n’est ce pas là la qualité première d’un artiste ?...............Elle est la mémoire et la voix , celle qui nous remémore ce qui fut. Orphée et Eurydice où les tags sont figés à jamais et comme le souligne Francis Parent : « Un son est un lointain écho du big bang, origine du monde…..Tout le ressort de l’homme en somme. » La mémoire est ici en mouvement, un mouvement perpétuel, balancier qui va et vient et nous entraîne vers notre destin. On pourrait ainsi conclure : Il n’y a pas d’avenir sans mémoire.

Christine Maillot Mémoire en Echo, galerie Depardieu / Espace Initial (1er étage) jusqu’au 9 octobre 2010.

par T Jan.